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Une coopérative qui carbure aux GES

Initiative toute québécoise, la Coop Carbone monte au front contre les changements climatiques. Armée financièrement et technologiquement, elle se porte à la défense des meilleures pratiques en élimination du carbone.

Économie / 25 octobre 2017
« La création de la Coop Carbone est venue d’un désir des gros joueurs du monde coopératif qui voulaient être partie prenante de la transition énergétique. Ils voulaient être les locomotives de ce changement, ne pas se retrouver à la traîne. » Ces mots de Jean Nolet, président-directeur général de la Coop Carbone, traduisent parfaitement la vision au sein de l’organisation. Pour le dirigeant, être au-devant des initiatives en changements climatiques, c’est obtenir l’expertise et les leviers nécessaires pour faire la différence.

C’est pourquoi, dès sa fondation en 2014, l’organisme acquiert l’entreprise ÉcoRessources, une firme spécialisée en gestion et développement de projets de lutte contre les changements climatiques.

 » En achetant ÉcoRessources, la Coop Carbone s’est dotée d’une équipe avec une expertise forte sur le plan de la lutte contre les changements climatiques, c’était un moment décisif.

Jean Nolet, PDG de la Coop Carbone

Et ce n’était qu’un début. Pour donner de la portée à ses actions et renforcer son expertise, la Coop crée ensuite le Fonds Inlandsis, un levier financier qui va lui permettre d’investir dans des projets à l’international : la façon la plus directe et la plus rapide de bonifier son expertise dans le domaine en allant s’inspirer des meilleures pratiques partout sur la planète. « C’est certain qu’avec ce fonds qui investit dans des projets partout sur la planète, on s’éloigne de notre mission qui est de soutenir des initiatives en lutte contre les changements climatiques au Québec. Mais toute l’expertise que ces investissements nous apportent sera bénéfique pour notre travail ici », rajoute Jean Nolet en entrevue.

L’agroalimentaire, une cible de choix

Fierté des Québécois, le secteur agricole ne demeure pas moins responsable de 9,4 % des émissions de GES de la province (2014), un total qui grimpe à environ 16 % pour l’agroalimentaire dans son ensemble. Là où beaucoup voient d’énormes défis, le PDG de la Coop Carbone sourit en parlant d’occasions à saisir, à condition de bien comprendre le domaine et d’assurer un travail qui inclut tous les acteurs du milieu.

« Dans la filière agroalimentaire, on essaie de regarder la chaîne du début à la fin, du producteur en passant par le transformateur, jusqu’au consommateur. On essaie d’identifier pourquoi des projets dans ce domaine n’aboutissent pas et surtout on essaie de s’assurer que les acteurs cessent de travailler en silo », explique Jean Nolet, ajoutant que derrière la filiale industrielle et celle de l’énergie, le domaine agricole est lui aussi « un secteur qui pollue, mais que bien peu ciblent comme un acteur pour la réduction des gaz à effets de serre ».

Les initiatives que supporte la Coop Carbone dans le milieu agricole doivent être « créatives » aux dires du PDG. Ce sont d’ailleurs des procédés de réflexion créatifs qui ont mené au projet de captation du méthane provenant du lisier ou encore à celui de modification du régime alimentaire des vaches pour réduire la production de GES.

Avec sa branche Agro Carbone lancée en 2016, la Coop étudie la possibilité de capter le biométhane produit par les animaux afin de l’utiliser dans l’alimentation de la machinerie agricole par exemple. Une collaboration avec le réseau de Gaz Métro est aussi envisagée.

 

L’occasion climatique

Pour Jean Nolet, les projets qu’appuie la Coop Carbone représentent autant d’occasions favorables pour sensibiliser les gens à leur milieu, tout en réduisant la pollution pour améliorer la qualité de vie des citoyens. Et les exemples ne manquent pas. « Nous avons appuyé un projet de géothermie dans une ruelle, pour climatiser plusieurs logements. À partir du moment où on a réaménagé cet espace pour creuser le puits de géothermie, ça a été l’élément déclencheur pour qu’on verdisse la ruelle afin de la rendre plus agréable à habiter », rappelle le PDG.

Reconnu comme un des experts les plus chevronnés au Canada dans le domaine des marchés du carbone et des questions liées aux changements climatiques, Jean Nolet voit la Coop Carbone comme un élément fédérateur dans le combat à mener. Un outil pour amener tous les acteurs à s’impliquer, les petits comme les grands joueurs.

« Pour nous, un constat s’impose : nous sommes dans un contexte particulier au Québec où les réductions d’émissions de GES proviennent d’un ensemble de petits joueurs, dont la motivation à les réduire n’est pas celle de la majorité. Ça nous amène à penser différemment. On doit proposer des projets qui ont un intérêt pour tous les acteurs de la chaîne tout en visant une réduction de ces émissions. »

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