© Sentier urbain

Rapprocher l’humain de la nature

Blogue / 04 novembre 2019

Ça fait plus de 10 ans que je suis en relation avec l’organisme Sentier Urbain et depuis le début, je suis sous le charme de ses projets. Est-ce l’équipe, composée de personnes inspirantes et engagées? Leur approche humaine et inclusive? Leurs projets dont les effets vont bien au-delà du verdissement? Certainement un peu de tout cela.

Il suffit d’échanger quelques mots avec Pierre Dénommé, le directeur de l’organisme, pour mieux comprendre la philosophie de Sentier Urbain : rapprocher l’humain de la nature. C’est par lui que tout a commencé en 1993, littéralement avec une pelle et une brouette. Depuis, Sentier Urbain n’a cessé de grandir et de diversifier ses projets. Aujourd’hui, l’organisme compte jusqu’à 35 employés durant la saison estivale.

Depuis sa création, l’OBNL a une approche qui met l’humain au cœur de ses projets. Les interventions répondent bien entendu à des objectifs environnementaux ‒ lutte aux îlots de chaleur et augmentation de la biodiversité urbaine ‒, mais elles se démarquent surtout par leurs effets sur la communauté. Les projets d’horticulture mis de l’avant par Sentier Urbain permettent aux personnes en situation précaire de retrouver confiance en elles. La pratique de l’horticulture est aussi un prétexte pour rassembler les habitants d’un quartier, et un moyen de briser la solitude des aînés.

 

Sentier urbain : activité avec Spectre de rue (Crédit)
Sentier Urbain collabore avec de nombreux organismes communautaires, comme Spectre de rue, qui vient en aide aux personnes marginalisées. © Sentier urbain

Ce qui me frappe également, c’est la capacité de l’organisme à garder le cap et à ne pas s’éloigner de sa philosophie première. Car le mot se passe et l’OBNL, reconnu pour la qualité de son travail, est sollicité de toute part. Au vu des nombreuses demandes, il serait facile de se laisser emporter dans toutes les directions. Mais là encore, l’organisme maintient sa volonté de grandir de façon réfléchie, en accord avec ses valeurs profondes.

Au fil des années, Sentier Urbain a développé des projets très inspirants. Difficile de les présenter tous, mais voici quelques-uns de mes préférés.

La Clairière Labrecque, un des terrains re-naturalisés du circuit Jardins, dans le Centre-Sud de Montréal. © Sentier urbain

Le circuit Jardins est né de la volonté d’occuper temporairement des terrains vacants dans le quartier Centre-Sud à Montréal. Petit à petit, de véritables mini-forêts se sont établies dans ces lieux souvent délaissés par leurs propriétaires. Elles constituent maintenant de petits îlots de fraîcheur, des oasis de biodiversité, mais surtout des lieux de rencontres. L’esprit de Sentier Urbain est au cœur de ces lieux, comme en témoignent les voisins qui contribuent à la gestion et à l’animation des espaces, qui sont aussi des lieux de formation et d’éducation.

Depuis cinq ans, Sentier Urbain est responsable du volet agriculture urbaine des Jardins Gamelin, situés en plein cœur du centre-ville de Montréal. Au fil des années, l’équipe a mis sur pied plusieurs jardins thématiques et a même implanté récemment une papillonnière. En collaboration avec les organismes locaux et les occupants du lieu (par exemple, les itinérants qui se sont impliqués dans le jardinage), Sentier Urbain en a fait un lieu de formation et de sensibilisation à l’agriculture urbaine et à la biodiversité. En 2017, plus de 700 kg de légumes et de plantes y ont été produits puis redistribués aux organismes communautaires du quartier.

Le potager des Jardins Gamelin, sur la place du même nom. © Melanie Larente
Un atelier semis en famille. © Sentier urbain

Avec le Jardin Monsabré, Sentier Urbain a fait sien le proverbe « on n’est jamais mieux servi que par soi-même ». L’OBNL a implanté dans l’est de la ville un espace de production de végétaux (vivaces, plantes potagères et arbustes) qui sont ensuite utilisés dans ses divers projets ou distribués aux organismes et aux groupes de citoyens pour leurs projets de verdissement et d’agriculture urbaine.

La dimension éducative est aussi très importante pour l’organisme qui accompagne des jeunes durant 15 semaines dans le cadre de son projet La Classe Nature, en plus d’organiser des camps de jour et des activités ponctuelles dans les classes et les CPE. Au total, plus de 500 activités rassemblant 4000 jeunes de tous âges ont été réalisées en 2018.

Et la liste est encore longue! J’aurais pu vous parler de la contribution de Sentier Urbain au projet mobilisateur du Quartier nourricier ou au Club Fleurs et Jardins de l’Office municipal d’habitation de Montréal. Allez jeter un œil au site web de l’organisme; une plateforme qui présente les retombées sociales, environnementales et économiques des projets y a récemment été intégrée.

Je vous avais dit que Sentier Urbain avait un petit quelque chose de spécial. Et n’oubliez pas que tout cela a commencé avec une brouette et une pelle…

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