personne circulant à bixi en hiver
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© Roland Tanglao
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Se raconter des histoires

14 février 2019 - Geneviève Rajotte Sauriol, Consultante en communication responsable

Quand je pense au futur de mes futurs enfants, la première image qui me vient, c’est le fleuve qui déborde sur le centre-ville de Trois-Rivières. Puis, du verglas tout l’hiver et des canicules tout l’été, des épidémies de virus exotiques, de l’eau potable hors de prix et des débarquements de réfugiés climatiques. Pas ben ben joyeux…

Peut-être souffrez-vous d’écoanxiété comme moi. Peut-être avez-vous décidé de ne pas avoir d’enfant et de remplir votre cave de vivres d’urgence. Ce serait légitime. Trêve de catastrophisme, il existe un bon remède contre le cauchemar climatique. Ce remède, c’est une nouvelle vision du futur, un autre récit, une histoire à se raconter collectivement. Pas une histoire de licornes ou de Vulcains. Une histoire possible, belle, et qui finit bien.

La nouvelle vague

Cette histoire est écrite par Unpointcinq, et surtout par les artisans des projets que le média couvre chaque semaine. Elle est écrite par le film Demain, par cette magnifique vidéo Demain le Québec, par Villeray, Sherbrooke et Rimouski en transition, par le Pacte, par la chaîne YouTube de La cuisine de Jean-Philippe et le compte Instagram de Bea Johnson. Il s’agit d’imaginer le « après ». Après le capitalisme, après le mur, après le point de bascule qui nous obligera à changer notre manière de consommer, de vivre. Au lieu de nous faire peur, ces initiatives nous font rêver.

Ce que Cyril Dion propose dans son livre Petit manuel de résistance contemporaine, c’est d’étendre ces récits somme toute opposés à la culture populaire dominante. Imaginez qu’il devienne mainstream dans les séries sur Tou.tv (et dans la vraie vie) de voir les protagonistes se déplacer à Bixi, boire dans une tasse réutilisable, jardiner dans un potager collectif et avoir une date dans un resto végane. Imaginez des blockbusters mettant en scène un monde post-apocalyptique où des familles poursuivies par des zombies trouvent refuge dans des communautés vertes, résilientes, autosuffisantes, solidaires et heureuses.

Le storytelling (en bon français, la mise en récit) n’est pas nouveau. C’est une stratégie de communication narrative utilisée par les marques, les médias et les ONG pour humaniser une entreprise, une guerre ou une cause. On laisse les statistiques et les arguments rationnels de côté pour toucher notre corde sensible et mettre en scène des personnages auxquels on s’identifie. Appliqué aux changements climatiques, ce concept veut dire trêve de CO2 par tonnes, de dollars par milliards, de montée des eaux en mètres et de hausse du climat en degrés.

Devenir soi-même un personnage

Je vous parlais de remède, et celui-ci ne s’arrête pas à la fiction. La chose qui calme le plus mon anxiété environnementale, c’est définitivement de passer à l’action pour construire moi aussi le récit. Ça peut être de traverser le Québec à vélo en guise de vacances, de faire son épicerie zéro déchet, d’organiser un Repair café, de lancer une monnaie locale, de pratiquer l’agriculture urbaine, de s’impliquer dans un comité citoyen ou même de démarrer un écovillage! Rêver, concrétiser son rêve, faire rêver les autres, et ainsi de suite.

Et si la crise climatique était l’occasion de repenser le monde et la société, d’apprendre de nos erreurs, de gagner au lieu de perdre? Comme le dit la militante écologiste Laure Waridel quand on lui demande ce qu’elle pense de la décroissance : la croissance n’a rien de mal en soi s’il s’agit de la croissance de la qualité de vie, du bonheur, des relations humaines…