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Finance durable : vous avez plus de pouvoir que vous le pensez!

22 février 2021 - Rosalie Vendette, Spécialiste en finance durable

Pour plusieurs, pour ne pas dire beaucoup, la finance ça paraît compliqué et même rébarbatif! Bien que j’aie un diplôme en administration des affaires, je n’étais pas, moi non plus, particulièrement attirée par le sujet jusqu’au jour où j’ai examiné mon patrimoine retraite. J’étais intriguée : où va mon épargne? Est-elle placée en cohérence avec mes valeurs? Favorise-t-elle un développement durable? Suis-je directement ou indirectement actionnaire de grands émetteurs de gaz à effet de serre? Que de surprises! Mais c’était il y a plus de 20 ans.

Beaucoup de choses ont changé depuis, à commencer par ma carrière. J’ai voulu travailler à faire progresser les mentalités dans les entreprises pour qu’elles s’attardent davantage aux enjeux environnementaux et sociaux. C’est en finance que j’ai eu ma première chance, je ne pouvais pas mieux tomber.

La finance, c’est comme le sang dans nos veines, qui irrigue nos organes pour leur apporter de l’oxygène et les nourrir. Que ce soit dans le financement – les prêts accordés aux entreprises et aux individus pour l’achat d’une maison ou la construction d’une nouvelle usine – ou dans les investissements – l’achat d’actions d’une entreprise pour soutenir son développement –, l’argent est partout. Imaginer une vie sans argent est impensable.

Mais quelles exigences environnementales et sociales accompagnent ces transactions? Car pensons-y un peu : si on veut que les choses changent, elles doivent aussi changer en finance. Comment les prêteurs et les investisseurs mesurent-ils les risques dus aux impacts des changements climatiques auxquels font face, ou feront face prochainement, les entreprises? Comment repèrent-ils les entreprises qui savent saisir les occasions d’affaires qui naissent des changements que provoque, ou provoquera, le réchauffement de la planète?

Voilà ce que la finance durable propose. C’est un vaste chantier qui s’attaque aux processus, aux transactions et aux flux financiers afin qu’ils intègrent des préoccupations de durabilité. Biodiversité, eau, déchets, droits de la personne, droits des travailleuses et travailleurs, acceptabilité sociale, diversité et inclusion, composition et compétences des conseils d’administration, rémunération des dirigeants et dirigeantes : autant de sujets auxquels s’attarde la finance durable. On les appelle les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

En matière de placement, 62 % de tous les actifs sous gestion au Canada intègrent les facteurs ESG dans leurs pratiques.

Pourquoi la finance s’intéresse-t-elle à la durabilité? Dire que c’est la bonne chose à faire ne serait pas suffisant : il y a peu de place pour le cœur dans les transactions financières. Ce qui explique que la finance se tourne vers les facteurs ESG, c’est d’abord la gestion des risques : la finance doit – et veut – protéger le capital. L’une des principales fonctions des marchés financiers est d’évaluer le risque pour s’assurer que les capitaux sont investis de manière efficace. Donc, pour des raisons environnementales ou sociales, ou un mélange des deux, un projet d’affaires pourrait être jugé plus risqué.

Comme les facteurs ESG n’ont pas toujours des répercussions à très court terme, plusieurs des enjeux de durabilité représentent des risques lorsqu’on prévoit à long terme (10, 20, 30 ans), comme pour les changements climatiques, dont les conséquences se feront réellement sentir dans les prochaines décennies. On parle ici de risques non seulement physiques, mais aussi réglementaires – en gros, les risques qu’une entreprise voit sa rentabilité affectée à cause de nouvelles réglementations. Mais ça tombe bien, car plusieurs d’entre nous épargnent justement pour le long terme, pour la retraite. Et les véhicules financiers dans lesquels on verse cette épargne – les régimes de retraite et les fonds communs de placement (REER) au premier chef – sont actionnaires d’une foule d’entreprises. Prenez la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), par exemple, qui gère le bas de laine des Québécoises et des Québécois (en fait, elle gère les actifs de 41 déposants). C’est environ 333 G$ investis dans plus de 4000 entreprises situées partout dans le monde.

Au cours de neuf des dix dernières années (2009 à 2018), les paiements d’assurance pour les pertes catastrophiques résultant de catastrophes naturelles ont dépassé le milliard de dollars par an.
Bureau de l’assurance du Canada

À l’inverse, s’attarder à la durabilité de manière sérieuse et proactive pourrait rassurer les prêteurs et investisseurs, qui jugeront qu’un projet d’affaires est moins risqué que celui de la concurrence.

Mais on peut aller plus loin. Le projet d’affaires de l’entreprise peut représenter une source de création de valeur : valeur financière, d’abord, mais la finance durable veut aussi parler de valeur partagée, avec les parties prenantes, comme la communauté. C’est une des raisons qui explique que la finance se tourne vers la durabilité. Pour reprendre l’exemple de la CDPQ, de 2017 à 2019 :

  • elle a investi plus de 16 G$ dans des actifs sobres en carbone (énergies renouvelables, transport collectif, immobilier);
  • elle a diminué de 21 % l’intensité carbone de son portefeuille sur le climat.

Si avant la durabilité ne pesait pas lourd dans la balance, aujourd’hui, cela est révolu. Et la bonne nouvelle, c’est que notre capital fait partie de l’équation. Et l’une des raisons qui peuvent faire en sorte que la finance durable prenne de l’importance, c’est que vous le souhaiterez, vous le demanderez!

Vos institutions veulent vous servir et seront attentives à vos préoccupations, à la façon dont vous voulez investir votre capital pour le faire grandir. Vous avez donc plus de pouvoir que vous le pensez! Dans mes prochains billets, j’ai l’intention de vous expliquer comment la finance durable fonctionne et quel rôle vous pouvez jouer.

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