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Plaidoyer pour la ville en contexte distancié

24 avril 2020 - Olivier Roy-Baillargeon, Consultant en aménagement du territoire et mobilité durable

En ralentissant entre autres les transports et l’industrie, la pandémie de COVID-19 a énormément amélioré la qualité de l’air des villes et considérablement allégé le poids carbone de l’humanité. Quels seront les effets durables de cette crise sur nos milieux de vie? Que pouvons-nous faire pour que le ‒ long et lent ‒ retour à la normale les rende moins vulnérables et plus résilients? Pourrons-nous à nouveau vivre en ville, ensemble, comme avant?

Face aux injonctions publiques de distanciation sociale et physique, la densité et la proximité ont mauvaise presse. Certes, les multiples interactions rendent les villes plus vulnérables à la propagation des pandémies. Cependant, Singapour, Hong Kong et Taipei, parmi les métropoles les plus denses de la planète, ont été particulièrement efficaces et bien protégées.

La densité et la proximité ont toujours été bénéfiques et importantes pour les milieux urbains, et elles le seront toujours autant une fois la pandémie terminée. Elles accroissent la résilience de ces milieux et les protègent des autres désastres, car elles facilitent notamment l’entraide et encouragent le partage d’information et de ressources essentielles. De surcroît, elles atténuent les disparités à l’origine de la crise climatique et des enjeux de santé publique.

Aucun milieu épars n’est aussi efficace qu’une ville ou un village qui offre de courtes distances pour assurer un accès équitable à l’emploi, à l’éducation, aux commerces et aux services de proximité, aux espaces verts, aux établissements de santé et de services sociaux, au logement abordable et aux modes de déplacement durables.

Le personnel dévoué des hôpitaux, des épiceries et des pharmacies utilise majoritairement le transport collectif pour aller travailler. Notre société entière dépend plus que jamais de ces quatre services essentiels. Or un transport collectif efficace, des hôpitaux nombreux et des commerces accessibles, ou qui font livrer leurs produits à vélo, sont impensables sans densité ni proximité.

En période de confinement à domicile, la sortie quotidienne pour marcher, courir, pédaler ou simplement se prélasser sous le soleil printanier devient salutaire. Les pistes cyclables et les parcs sont plus que jamais des infrastructures urbaines essentielles pour la santé physique, mentale et émotionnelle. Le budget, l’espace et le soin que les villes leur accordent sont proportionnels à leurs indices de densité et de proximité.

Et que dire des trottoirs! La crise actuelle a révélé au grand jour les méfaits de leur absence à la campagne, de leur rareté en banlieue et de leur étroitesse en ville. Plusieurs municipalités ont pris acte de l’iniquité fondamentale dans la distribution de l’espace et ont transformé leurs rues en espaces piétonniers et cyclables improvisés. Sans la densité et la proximité, on a généralement peu de destinations à fréquenter et peu, ou pas, d’espace pour s’y rendre à pied.

Malgré tout, la question se pose : qu’adviendra-t-il de la densité et de la proximité, dans les milieux de vie québécois, une fois la crise terminée? J’ai bon espoir que, même en gardant nos distances et en prenant les précautions nécessaires pour nous protéger les uns les autres, nous saurons les chérir et les protéger. Reste maintenant à savoir si nous pourrons en profiter pleinement dans un avenir rapproché ou dans un futur éloigné.