Tracteurs sans moteurs

Des maraîchers qui délaissent leurs tracteurs pour cultiver leurs terres avec des ânes et des chevaux? Loin d’être folklorique, ce retour aux sources a un impact bénéfique sur le climat. Rencontre avec des pionniers de la traction animale.

Alimentation / 22 octobre 2018
Moins de GES !

Retour vers le futur. Dans sa ferme située à Sainte-Marie-de-Blanford, dans le Centre-du-Québec, le fermier Louis Ménard a troqué sa machinerie lourde pour deux chevaux de trait, il y a quatre ans. Par passion et aussi parce qu’il a la protection de la planète à cœur, explique-t-il. Tous les jours, ou presque, ses deux percherons tirent l’équipement ancestral qu’il utilise pour travailler la terre. « Je laboure, je disque, je fais tout mon cerclage, je désherbe », énumère le propriétaire de la ferme Trotteuse.

À une centaine de kilomètres de là, à Stratford en Estrie, ce sont trois ânes qui aident Chantale Gagnon et Jocelyn Debaque à cultiver leurs légumes « de façon écologique », disent les copropriétaires de la ferme Les jardins au pas de l’âne. « Les ânes sont des animaux très intelligents, indique Chantale. On pense qu’ils sont têtus, mais c’est parce qu’on ne les connaît pas. Quand on leur montre ce qu’il faut faire, ils y vont d’eux-mêmes. »

Au-delà de ses avantages pratiques et économiques, la traction animale a aussi un impact bénéfique sur le climat. Moins de tracteurs, c’est moins de boucane dans la nature. Une étude sur l’analyse du cycle de vie de l’exploitation forestière a ainsi démontré que l’utilisation de chevaux de trait émet environ 306 kg équivalent CO2 par hectare, contre 511 kg pour des tracteurs. C’est 40 % de gaz à effet de serre en moins dans l’atmosphère!

On vous emmène à la rencontre de ces agriculteurs bien de leur temps.

Tracteurs sans moteurs 4min.