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© Courtoisie
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Ça innove en transport dans le Bas-Saint-Laurent!

Évidemment, au Québec, il est pas mal plus difficile de se passer d’une voiture hors des grandes villes. Heureusement, quelques irréductibles défenseurs du transport en commun se creusent les méninges pour changer tout ça. Portrait d’une action en marche.

Le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) s’est lancé dans la conception d’un réseau de transport collectif qui desservirait l’ensemble de cette région de 200 000 habitants. « C’est une priorité dans la lutte aux changements climatiques », affirme le directeur adjoint de l’organisme basé à Rimouski, Patrick Morin : « On a estimé il y a quelques années que le transport de personnes en voiture consomme 56 % des 500 millions de litres de pétrole brûlés chaque année dans la région. »

Dans le Bas-Saint-Laurent, les déplacements en voiture produisent quelque 645 000 tonnes d’équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) de 67 900 personnes vivant au Québec.

En rendant possible un mode de vie sans voiture, ce réseau permettrait de diminuer les émissions de GES. Mais n’est-ce pas utopique dans une région aussi étendue, qui ne compte pas moins de 114 municipalités? Agent de développement au CREBSL, Philippe Cousineau Morin ne s’inquiète pas pour autant : « En général, nos cœurs de villes et de villages sont très concentrés. Par exemple, Trois-Pistoles a une densité de population de 400 habitants par kilomètre carré. Il y a un potentiel incroyable pour le transport en commun. »

Les chiffres lui donnent raison : entre 2015 et 2019, le nombre d’utilisateurs du transport collectif a augmenté de 45 % dans le Bas-Saint-Laurent. Cette progression est notamment due à la mise en place d’un service de minibus dans la MRC de La Matanie qui offre des tarifs avantageux aux étudiants (45 $ par mois) et qui a transporté plus de 30 000 personnes en 2019. Le vieillissement de la population crée aussi une grande clientèle potentielle pour le transport en commun.

À chaque sous-région sa solution

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Patrick Morin, directeur adjoint du Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL) et Philippe Cousineau Morin (à droite), agent de développement de l'organisme. © Rémy Bourdillon

La disparité du territoire représente tout de même un beau défi pour les deux collègues du CREBSL. Le Bas-Saint-Laurent compte huit MRC, toutes différentes les unes des autres. Celles de Rivière-du-Loup et de Rimouski-Neigette sont articulées autour d’une ville, alors que La Matanie s’étend le long du littoral. D’autres, comme Kamouraska et Témiscouata, sont formées d’une constellation de villages. « On doit arrimer des choses différentes », résume Philippe Cousineau Morin. Ici, il faudra un réseau d’autobus organisé en étoile autour d’une ville-centre, là, l’autopartage pourrait représenter la solution.

Dans les faits, peu de gens vont de Packington à Saint-Tharcisius, deux villages parmi d’autres éloignés de 200 km : la plupart des déplacements sont effectués vers les villes, pour aller travailler, pour assister à des rendez-vous ou pour faire des achats. Or, chaque MRC dispose déjà de son réseau de transport – que ce soit le minibus ou le taxi-bus, un service de taxi partagé – qui fait assurément partie de la solution. « Sur le plan local, ce sont eux les experts, dit Patrick Morin. Ils ont des données, de l’expertise, ils ont développé une façon de parler à leur clientèle. »

Il y a aussi d’autres transporteurs sur le territoire, comme les autobus scolaires, le transport adapté et les particuliers qui peuvent faire du covoiturage. Le CREBSL entend s’appuyer sur ces forces vives en les connectant, sans pour autant s’imposer, et en ajoutant des lignes interurbaines. Cela pourrait déboucher sur le développement d’une application qui permettrait à l’utilisateur de savoir comment se rendre d’un point A à un point B et de payer ses titres de transport en ligne. Mais chaque transporteur conserverait son site Web et le numéro de téléphone que les usagers sont habitués à composer.

Petite taxe, grands résultats

Patrick Morin a une bonne idée de l’allure finale que prendra le réseau régional : une armature principale de 6 à 10 circuits de minibus interurbains, un service de taxi-bus pour amener les usagers vers ces « grandes » lignes, du covoiturage pour couvrir l’ensemble des localités et un véhicule en autopartage par MRC. L’électrification (par l’achat de minibus électriques) constituera le deuxième volet de ce projet.

Pour financer ce système de transport en commun, une hausse d’un ou deux cents par litre de la taxe sur l’essence est prévue à l’échelle de la région. Sachant qu’il se consomme annuellement 200 millions de litres au Bas-Saint-Laurent (selon les calculs du CREBSL), la régie de transport qui sera créée pourrait récolter de 2 à 4 millions de dollars par an. Des subventions gouvernementales et les recettes tirées des titres de transport compléteraient le budget.

Il faut cependant d’abord que les huit MRC donnent leur feu vert à la majoration de la taxe et qu’elles en fassent officiellement la demande auprès du Conseil du trésor. Pour cette raison, le CREBSL doit tenir compte des observations de chaque MRC dans l’élaboration de son plan de transport en commun, qui devrait être prêt au début de 2021. Quant à la régie de transport, elle pourrait voir le jour un an plus tard. En 2022, le rêve de rallier Packington à Saint-Tharcisius sans auto solo pourrait donc devenir réalité!

La Gaspésie, l’exemple à suivre

Le Bas-Saint-Laurent peut s’inspirer de la Régie intermunicipale de transport Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (RÉGÎM), créée en 2013. La Gaspésie est la seule région du Québec, hors Montréal, à financer son transport en commun par le biais d’une taxe d’un cent par litre d’essence, qui rapporte environ 1,2 million de dollars par année.

Une vingtaine de lignes de minibus existent, certaines fonctionnant tous les jours, d’autres sur réservation, en plus d’un service de transport adapté pour les personnes à mobilité réduite. Chaque année, de 70 000 à 75 000 déplacements sont ainsi assurés par la RÉGÎM, au coût de 3 $ l’unité.

Selon la directrice générale de la RÉGÎM, Marie-Andrée Pichette, c’est un joli succès de concertation à grande échelle. « Ce qui est difficile dans ce type de projet, c’est d’intégrer une vision régionale centrée sur les besoins des citoyens, et ne pas rentrer dans des guerres de clocher entre MRC. » Le Bas-Saint-Laurent est prévenu…

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