Dossier spécial : Moins de GES sur la corde à linge , partie 2
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Retombées positives générales

Le retour en force de la couture

Avec la pandémie, l’intérêt pour la couture connaît un nouvel essor. Après avoir eu envie de confectionner leurs masques de protection maison, plusieurs ont décidé de peaufiner leurs techniques en s’inscrivant à des cours. Un nouveau hobby qui fait aussi du bien au climat.

La mère de Catherine Lancey avait essayé plusieurs fois de la convaincre de suivre ses traces et de s’initier à la couture, sans succès. « Je n’avais pas vraiment d’intérêt. Je n’avais même pas de machine », souligne celle qui s’y est mise parce qu’elle avait « besoin d’arrêter de réfléchir » durant le premier confinement. « C’était vraiment plus facile que je ne le pensais », constate-t-elle. La grossesse d’une amie lui a donné l’occasion de se lancer dans la création d’une courtepointe. « Je suis assez fière! J’ai mis à peu près 70 heures pour la faire. C’était vraiment un gros premier projet », se réjouit-elle.

Je me fais des leggings, des jupes, des robes, des tops. Je n’achète presque plus en ligne ou dans les magasins.
Gisèle Duclos a repris goût à un passe-temps auquel elle s’adonnait sporadiquement

Gisèle Duclos, elle, possédait déjà une vieille machine à coudre. C’est grâce au temps gagné avec le télétravail que la quinquagénaire a repris goût à un passe-temps auquel elle s’adonnait sporadiquement. Si elle se limitait auparavant à des projets simples comme des sacs à collations, elle confectionne dorénavant ses propres vêtements. « Je me fais des leggings, des jupes, des robes, des tops. Je n’achète presque plus en ligne ou dans les magasins », raconte-t-elle. Ce n’est pas forcément plus économique au départ, mais Gisèle Duclos croit qu’elle porte ses créations plus longtemps que les tenues achetées en boutique. « Quand je me fais un manteau d’hiver, il me coûte presque aussi cher qu’en magasin, mais il est plus chaud et de meilleure qualité », précise-t-elle.

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Si Gisèle Duclos se limitait auparavant à des projets simples comme des sacs à collations, elle confectionne dorénavant ses propres vêtements. ©Courtoisie
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Comme premier gros projet, Catherine Lancey a créé une courtepointe. ©Courtoisie

Des masques, et bien d’autres choses

Les deux femmes suivent les cours en ligne donnés par Audrey Dumoulin, de l’entreprise Aude Couture. L’enseignante dit avoir doublé son nombre d’élèves depuis le mois de mars. « Avec la pandémie, beaucoup ont voulu faire des masques eux-mêmes », constate-t-elle.

D’autres ont enfin trouvé le temps d’apprendre les bases, au moment où le Québec était sur pause. « Ce sont des personnes qui ont les machines à coudre de leur mère, de leur grand-mère. La couture a toujours été dans leurs pensées, mais le temps et les ressources n’étaient pas tout à fait là », explique l’enseignante.

C’est important de faire décroître notre consommation et d’apprendre de plus en plus à faire les choses nous-même.
Camille Goyette-Gingras, cofondatrice de la Coop Couturières Pop

Camille Goyette-Gingras, cofondatrice de la Coop Couturières Pop, a vu pour sa part ses cours de couture en présentiel afficher maintes fois complet depuis le début de la pandémie, non seulement en raison de l’intérêt pour les masques, mais également pour la création de vêtements et autres accessoires. « C’est aussi une bonne nouvelle, parce que c’est important de faire décroître notre consommation et d’apprendre de plus en plus à faire les choses nous-même », dit-elle, ravie.

Et l’engouement se constate au-delà des cours de couture. Dans les magasins Club Tissus, par exemple, l’augmentation des ventes varie entre 40 % et 75 % en 2020 en comparaison à 2019. « C’est une forte croissance de l’intérêt des jeunes générations pour la création de projets écoresponsables, durables et éthiques », fait savoir par courriel Frédérik Guérin, un porte-parole de l’entreprise.

Ce sont des personnes qui ont les machines à coudre de leur mère, de leur grand-mère. La couture a toujours été dans leurs pensées, mais le temps et les ressources n’étaient pas tout à fait là.
Audrey Dumoulin enseigne la couture

Moins de vêtements, moins de GES

Limiter sa consommation de vêtements en les confectionnant soi-même et en les réparant n’est pas un geste anodin pour le climat. En 2018, un rapport du cabinet-conseil en environnement Quantis a conclu que l’industrie de la mode comptait pour 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) chaque année. En moyenne, une personne achète annuellement 11,4 kg de vêtements, qui généreraient environ 442 kg d’équivalent CO2 dans l’atmosphère. Cela équivaut à environ 2000 km en voiture, soit un peu moins qu’un aller simple Montréal-Winnipeg.

Si vous voulez connaître précisément l’impact de vos achats côté garde-robe, l’outil Fashion Footprint Calculator, du détaillant de vêtements d’occasion en ligne ThredUp, en collaboration avec la plateforme Green Story, vous permettra de calculer l’empreinte carbone générée par vos habitudes de consommation en matière de vêtements.

En moyenne, une personne achète annuellement 11,4 kg de vêtements, qui généreraient environ 442 kg d’équivalent CO2 dans l’atmosphère.

Créer et réutiliser

En plus d’assouvir leur besoin de créativité, les élèves des cours de couture prennent souvent conscience de la valeur d’un vêtement, autant du point de vue économique que pour son impact sur le climat en raison du temps consacré à sa création et du montant déboursé pour le matériel.

Gisèle Duclos, de son côté, avait déjà le souci de confectionner des sacs réutilisables avant de coudre des tenues et accessoires plus élaborés. « Il y a des vêtements qu’on ne porte plus, qui sont démodés ou qui ont un petit accroc. On peut récupérer le tissu et plein de choses là-dessus », indique-t-elle. Elle se sert également de ses retailles pour rembourrer des coussins ou confectionner des habits pour sa petite-fille.

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Audrey Dumoulin, de l’entreprise Aude Couture, donne des cours de couture en ligne. ©Marilee Photographie

Audrey Dumoulin constate que le fait de créer des vêtements génère « systématiquement » chez ses élèves une envie de raccommoder ce qu’ils possèdent déjà. Pour de petites réparations comme la pose de boutons ou le bord d’un pantalon, nul besoin de machine à coudre. « Mais c’est sûr que ça reste des choses très simples », nuance-t-elle, en conseillant une machine de base pour des retouches ou des créations plus complexes.

Camille Goyette-Gingras souligne le cas d’une de ses étudiantes, qui a décidé de rapetisser toute sa garde-robe après avoir perdu du poids. « On parle d’une centaine de vêtements. On apprend les bases et dans quelle mesure c’est possible », illustre-t-elle.

Pour Catherine Lancey, la couture a renforcé sa volonté de disposer de ce qu’elle possède déjà. Elle s’est d’ailleurs servie d’une vieille serviette de bain et d’une taie d’oreiller pour confectionner un sac à main : « Réutiliser, réparer, ça fait partie de la démarche. »

Un engouement qui prend aussi d’assaut les médias sociaux

Sur Facebook, plusieurs groupes s’adressant aux adeptes de couture ont également observé une hausse d’intérêt. C’est le cas de Passion Couture et Patrons PDF (Quebec). Créé en 2014, le groupe comptait environ 10 000 membres avant la pandémie et en totalise actuellement environ 14 700. « Les demandes ont explosé. […] Les gens doivent répondre à un questionnaire pour adhérer au groupe; s’ils ne le font pas, on refuse. On en refuse énormément », constate une administratrice du groupe, Caroline Dion.

Caroline Benoit, de son côté, en a créé un nouveau pendant la pandémie. « Je voulais un groupe qui me permettrait d’échanger des trucs avec d’autres, découvrir de nouveaux patrons, connaître davantage de boutiques de textiles. Alors puisque j’avais ce besoin, j’ai fait en sorte de tout trouver au même endroit », explique la créatrice et administratrice du groupe Accro à la couture Québec. Le groupe réunit déjà près de 3000 abonnés en 5 mois d’existence.