Léo Roy et Marie-Audrey Nadeau Fortin, de Nature Québec. ©️Rémi Leroux
Avez-vous déjà pensé aux grands problèmes environnementaux qui frappent le Québec? Avez-vous déjà demandé à des spécialistes ce qu’ils en pensaient? J’ai eu la chance d’échanger avec Marie-Audrey Nadeau Fortin, analyste en biodiversité à Nature Québec.
Par Léo Roy, jeune journaliste du Laboratoire des jeunes journalistes en environnement (LJJE) – Cohorte 2025
À l’occasion du dernier Sommet jeunesse sur les changements climatiques (SJCC), qui s’est tenu à Québec au printemps, j’ai rencontré Marie-Audrey Nadeau Fortin, de l’organisme Nature Québec. Elle y présentait un atelier sur la biodiversité.
Au sein de son organisation, Marie-Audrey suit les grands dossiers sur la biodiversité, aux niveaux provincial et fédéral. Elle analyse les projets de loi et formule des recommandations à son organisation pour que celle-ci puisse communiquer sur tel ou tel enjeu et mobiliser la population. Nature Québec peut également faire part de ses préoccupations aux différents paliers de gouvernement.
Léo Roy : Au Québec, quelles alertes climatiques vous inquiètent le plus pour le futur?
Marie-Audrey Nadeau Fortin : Il y a beaucoup de choses qui me préoccupent pour l’avenir, mais en ce moment, je dois t’avouer que ce qui me préoccupe particulièrement, c’est la réforme du régime forestier. J’ai l’impression qu’on recule en aménageant nos forêts de façon trop intensive. On n’y fait pas assez attention, et ça va les rendre encore moins résilientes face à la crise climatique. Je suis inquiète parce que les forêts sont super importantes pour notre santé, pour capter le carbone, et parce qu’elles servent d’habitats à de nombreuses espèces, dont le caribou, une espèce menacée qui ne va vraiment pas bien.
En quoi la nature peut-elle aider à réduire les impacts de la crise climatique?
Dans l’atmosphère, il y a du CO2. Le CO2 est en partie absorbé par les écosystèmes, à l’intérieur des arbres, dans le sol ou dans les océans. Mais si ces écosystèmes sont détruits ou fragilisés, le CO2 va être relâché dans l’atmosphère [et les émissions de gaz à effet de serre vont augmenter]. Donc, les écosystèmes en santé agissent comme des puits de carbone naturel, mais ils peuvent aussi nous aider à nous adapter aux changements climatiques et à les atténuer. Par exemple, les milieux humides agissent comme des éponges et absorbent l’eau en cas de pluies diluviennes ou des crues importantes.
En raison des changements climatiques, ces événements sont de plus en plus fréquents. C’est pourquoi les milieux humides sont super importants pour en atténuer les impacts. Il faut donc faire très attention quand on construit des immeubles résidentiels ou des routes, par exemple. Ils pourraient détruire des milieux humides essentiels.
C’est important que les jeunes s’expriment parce qu’ils sont les citoyennes et les citoyens d’aujourd’hui et de demain.
Comment un jeune peut-il contribuer à lutter contre les changements climatiques?
Un jeune peut s’impliquer à plusieurs niveaux. Il peut tout d’abord poser des gestes individuels, comme planter un arbre, faire un jardin de pollinisateurs, etc. Il peut aussi décider de consommer moins, donc de consommer mieux. S’il veut s’impliquer sur le plan collectif, par exemple à l’échelle de son école, il peut créer un comité en environnement ou proposer des projets ou des activités de sensibilisation. Il peut également participer à des marches sur le climat, signer des pétitions, contacter ses élus municipaux ou même ses députés provinciaux et fédéraux pour leur faire part de ses préoccupations. C’est important que les jeunes s’expriment parce qu’ils sont les citoyennes et les citoyens d’aujourd’hui et de demain.
L’importance des milieux humides
Selon la Fondation Rivières, « le nombre de milieux humides détruits [au Québec] a augmenté de façon alarmante depuis 2020, passant d’environ 75 ha/année à près de 200 ha/année ». À eux seuls, ils couvrent environ 12,5 % du territoire et contribuent de façon importante à capter le CO2, en plus d’abriter des espèces en danger, comme la tortue mouchetée ou la rainette faux-grillon, un amphibien en voie de disparition.
L’expérience de rédaction de Léo
J’ai vraiment aimé avoir la chance d’écrire un article et faire une entrevue en tant que jeune journaliste. C’était vraiment une occasion spéciale et j’ai tout aimé. Au début, j’avais peur et j’étais vraiment stressé que quelque chose se passe mal. Heureusement, je n’ai eu aucune embûche et l’entrevue et la rédaction se sont bien passées. En bref, mon expérience était très bonne et j’ai bien été accompagné.


