Dossier spécial : Les femmes sauveront-elles le climat? , partie 4
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Retombées positives générales

Je t’aime et je recycle moi non plus

L’inaction climatique, nouveau turn off? Nous avons tendu la perche à la rédaction d’URBANIA pour un partenariat ponctuel dans le cadre de notre dossier «genre et action climatique». Ils l’ont saisie et se sont amusés à leur manière avec ce sujet en explorant le thème du jeu de la séduction auprès des climato-actifs.

Par Laïma A. Gérald

Même si les changements climatiques et les préoccupations environnementales devraient être l’affaire de tou.te.s, des études révèlent que les femmes posent plus de gestes écolos que les hommes dans leur quotidien. En effet, celles-ci sont plus enclines à choisir les options écologiques, comme utiliser des sacs réutilisables, faire leur épicerie en vrac, fabriquer leurs propres produits ménagers et cosmétiques, adapter leur alimentation et afficher des valeurs vertes. 

Parallèlement à cette réalité, d’autres recherches affirment que les hommes écoresponsables sont perçus comme de meilleurs partenaires. Et oui: un comportement engagé face à l’environnement enverrait une image d’altruisme, de fidélité et de « bon père de famille ».  

Une question demeure alors: où êtes-vous passés, les hommes écolos?

L’écologie de la cruise

« J’ai étudié en mode et à la fin de mon parcours universitaire, j’ai pris conscience de l’impact environnemental de l’industrie. J’ai même fait un projet sur le développement durable et les pratiques écologiques dans le milieu de la mode. Ce sont des valeurs importantes pour moi. », explique Juliette, 26 ans, qui travaille aujourd’hui comme gestionnaire industrielle. En effet, la mode serait considérée comme la 2e industrie la plus polluante au monde.

Un gars qui me dit: “Je conduis un char de l’année” ou qui laisse traîner ses canettes de bière en partant d’un parc, ça me turnerait off.
Juliette

Si Juliette indique avoir des préoccupations environnementales dans la sphère professionnelle, sa vie personnelle n’est pas en reste. « En ce moment, je suis célibataire, mais c’est certain que mon prochain copain devra avoir des valeurs écologiques similaires aux miennes. Genre un gars qui me dit: “Je conduis un char de l’année” ou qui laisse traîner ses canettes de bière en partant d’un parc, ça me turnerait off » admet la jeune femme au bout du fil. « Je ne pose pas la question frontalement à une première date, mais je me montre toujours attentive aux indices sur les valeurs écologiques de mes partenaires potentiels », ajoute-t-elle.

Comme plusieurs personnes qui cherchent à poser des gestes concrets pour préserver l’environnement, Juliette a toujours des sacs réutilisables sur elle, évite les ustensiles et les pailles de plastique et priorise l’achat seconde main. « J’ai besoin de sentir que la personne dans ma vie fait des efforts similaires. Si un gars arrivait à un rendez-vous avec un seul item dans un sac en plastique, il n’y aurait peut-être pas de prochaine date. Pour moi, c’est révélateur de tout un système de valeurs, qui ne serait sans doute pas compatible avec le mien », ajoute la vingtenaire.

Juliette ne considère donc pas qu’il faut absolument être végan, zéro déchet et boycotter les voyages en avion pour la séduire, mais si vous buvez votre gin-tonic avec une paille en plastique, vous pouvez oublier ça.

Sauver la planète: un combat genré?

Unpointcinq, un média québécois qui s’intéresse à l’action climatique en proposant des pistes de solutions concrètes, publie cette semaine un dossier sur la question du genre dans les luttes contre les changements climatiques: Les femmes sauveront-elles le climat?

 

 
 
 
 
 
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On y apprend notamment que 57% des femmes sont motivées à faire leur part face aux changements climatiques, contre 47% des hommes, selon le dernier Baromètre de l’action climatique. Elles sont aussi plus nombreuses (83% contre 74% pour les hommes) à considérer qu’il y a urgence d’agir. Mais pourquoi cet écart entre les genres?

Les hommes seraient nombreux à se sentir menacés dans leur virilité par les comportements écologiques, comme faire ses courses avec un sac en toile réutilisable ou apporter sa propre tasse au café.

La socialisation des hommes et des femmes serait en cause. En effet, les femmes sont plus incitées à prendre soin des autres et à se dévouer au bien-être d’autrui, c’est ce qu’on appelle le care. Julia Posca, sociologue à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques, citée dans Unpointcinq, affirme que: « Les femmes agissent plus [dans la lutte contre les changements climatiques], non pas parce qu’elles seraient d’une “nature” plus proche de la nature, mais bien à cause de la position qu’elles occupent dans la société, du rôle auquel elles sont confinées ». L’article va plus loin, « Les femmes sont les premières à ressentir le stress de la population, l’écoanxiété générée par ces enjeux ».  Ça parle de soi.

Du côté des hommes, ils seraient nombreux à avoir intériorisé que les gestes pro-environnementaux seraient associés à des comportements féminins, ce qui pourrait avoir tendance à les en éloigner. Des études révèlent d’ailleurs que les hommes seraient nombreux à se sentir menacés dans leur virilité par les comportements écologiques, comme faire ses courses avec un sac en toile réutilisable ou apporter sa propre tasse au café. Bien sûr, il y a des exceptions à la règle, mais force est de constater que les hommes achètent moins de produits verts que les femmes et posent moins de gestes concrets.

Sachant que les hommes écolos sont perçus comme des partenaires plus fidèles, fiables et altruistes, il y a peut-être un petit effort à faire, les gars… Pour la planète et pour vos futur.e.s chums et blondes!

Environnement et charge mentale

« J’ai commencé à adopter un mode de vie zéro déchet il y a environ un an et demi, explique Amandine*, une Française de 34 ans établie à Montréal depuis quelques années. Ça faisait un moment que j’étais curieuse, mais c’est quand mon conjoint et moi avons déménagé dans un quartier avec une meilleure offre de commerces de vrac qu’on a décidé de faire le saut. »

Comme beaucoup de gens, c’est en constatant la quantité d’emballage, de plastique et de déchets générés à la maison qu’Amandine a eu le déclic. Mais adopter des habitudes écoresponsables, ça prend de l’organisation, du temps, de la motivation et de l’implication. « L’idée est venue de moi à la base, confirme Amandine. Mon conjoint a tout de suite adhéré, comme ça rejoint ses valeurs aussi, mais je suis plus moteur, plus active que lui dans les démarches et les recherches ».

Si vous allez dans une épicerie zéro déchet, faites le test: combien y a-t-il de femmes par rapport au nombre d’hommes présents?

Dans les dernières années, on a beaucoup parlé du concept de charge mentale domestique dans l’espace public. En effet, il s’agit d’un principe de sociologie qui fait référence à la charge cognitive quotidienne portée par les femmes en couple dans le cadre de la gestion du foyer. Ce n’est donc pas étonnant de constater que quand vient le temps de tendre vers le zéro déchet, les femmes sont généralement plus impliquées et engagées que leur conjoint. Selon le sociologue Michel Dorais, également cité dans Unpointcinq, « C’est d’abord culturel. Parce qu’elles sont celles qui transmettent la vie, on trouve normal qu’elles soient en charge de la qualité de cette vie, que ce soit sur le plan personnel ou politique ». Si vous allez dans une épicerie zéro déchet, faites le test: combien y a-t-il de femmes par rapport au nombre d’hommes présents? Il y a de fortes chances que les femmes soient plus largement représentées.

Amandine raconte qu’elle et son conjoint, bien que sensible à l’état de la planète, n’ont pas le même degré d’engagement envers le mode de vie zéro déchet. « Moi, je fais mon propre déodorant, mais pas lui. Et c’est correct. Je ne m’attends pas à ce qu’il aille aussi loin que moi. Mais il me soutient là-dedans. » 

Pour la trentenaire, sentir une sensibilité aux préoccupations écologiques de la part d’un partenaire est néanmoins très important pour elle. « L’écologie est une valeur trop importante pour moi pour en faire le compromis dans une relation amoureuse. Si j’étais en couple avec quelqu’un qui gaspille beaucoup de nourriture ou qui jette un papier par terre, ce serait un sujet de conflit», avoue Amandine, qui est heureuse d’avoir un conjoint conscientisé. 

En observant le marketing entourant les habitudes écoresponsables, on constate qu’il s’adresse davantage aux femmes. On remarque aussi que la majorité des voix porteuses dans le domaine de l’environnement sont des femmes. Comme l’affirme Michel Dorais, « On a besoin de plus de modèles masculins! ».

Parce que faire sa part pour sauver la planète, c’est HOT!

Cet article a été originalement publié sur Urbania.ca.

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