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Faire suer le carbone à grosses gouttes

Retrait des verres d’eau aux postes de ravitaillement, approvisionnement en produits locaux, compensation pour les gaz à effet de serre émis par les participants; l’Ultra-Trail Harricana de Charlevoix (UTHC) a mis le paquet pour jouer un rôle de leader dans l’organisation d’événements à faible empreinte carbone.

Mieux-être / 01 octobre 2017

Le 9 septembre dernier, 1 450 coureurs se sont réunis dans la région de Charlevoix pour repousser leurs limites sur des parcours de 5 à 125 km. Pour franchir de telles distances, les coureurs doivent composer avec les crampes, l’épuisement, la faim, le froid, les blessures, pendant parfois plus de 20 heures.

Courir 125 km peut paraître impossible, mais il suffit de faire un pas à la fois et de se concentrer sur le prochain geste pour y arriver, témoignent les coureurs qui ont franchi la ligne d’arrivée. Une détermination qui se reflète dans la volonté du comité organisateur de la course de réduire au maximum l’empreinte écologique de l’événement sportif. « Pour notre organisation, c’était important de faire tous les efforts pour réduire notre empreinte carbone », souligne Marline Côté, la nouvelle directrice générale de l’événement qui avait déjà mis en place plusieurs mesures intéressantes en ce sens.

En plus de s’approvisionner en produits locaux pour les repas et d’offrir des médailles de bois faites localement, lesquelles ont une faible empreinte carbone, les organisateurs ont décidé d’éliminer complètement l’utilisation des verres jetables aux postes de ravitaillement. Ainsi, au lieu de jeter des milliers de petits contenants, les coureurs devaient trainer leurs propres verres réutilisables, une initiative accueillie positivement par les sportifs.

 

Cinq fois plus de déchets

« Pendant les événements, les gens produisent cinq fois plus de déchets que lorsqu’ils sont à la maison », lance Steven Guilbault, cofondateur d’Équiterre et porte-parole de l’UTHC, dont le thème était cette année « En symbiose ».

Au camp de base du mont Grand-Fonds, les organisateurs avaient ainsi demandé aux kiosquistes d’éliminer les déchets inutiles et la distribution d’objets promotionnels. Les coureurs ont aussi reçu un sac du participant virtuel plutôt qu’un sac en papier.

Un bazar a également été organisé afin que les coureurs puissent échanger des articles usagés. Douches à faible débit, utilisation de savon biodégradable, équipement loué (et non acheté) et tri des matières résiduelles sur le site faisaient aussi partie de la liste des initiatives entreprises.

Même une fois l’événement terminé, le travail de lutte aux changements climatiques se poursuit. Pour compenser les émissions de gaz à effet de serre produites lors du déplacement des participants, l’organisation a décidé de reboiser des secteurs considérés comme des « cicatrices paysagères » de Charlevoix, souligne Antoine Suzor-Fortier, coordonnateur de la Réserve de la biosphère de Charlevoix, qui épaule l’UTCH dans ses efforts de reboisement. Comme quoi la lutte aux changements climatiques peut aussi améliorer la qualité des paysages!

Avec plus de 500 courses présentées au Québec qui regroupent plus de 200 000 participants, chaque initiative compte. Celle de l’UTHC consiste à transformer l’organisation des courses en sentiers pour qu’elles soient en symbiose avec leur environnement.

Faire suer le carbone à grosses gouttes 3min.