Urgence climatique, GIEC, gaz à effet de serre, adaptation aux changements climatiques, émissions CO2,
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©Marie Leviel
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L’urgence climatique

Les effets du réchauffement global et des dérèglements du climat qui en découlent sont chaque année plus inquiétants : canicules plus longues, plus sévères et mortelles; feux de forêt plus dévastateurs; saisons moins prévisibles; pluies diluviennes et inondations plus fréquentes; rehaussement du niveau de la mer; érosion accélérée des côtes, etc. La gravité de ces enjeux étant déjà abondamment décrite dans les médias, l’objectif ici est plutôt de nous intéresser au délai dont nous disposons pour y faire face.

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© BlackFarm / shutterstcok

Certains ont comparé notre « urgence climatique » à un camion lourd qui dévale une longue côte abrupte et qu’il est urgent de ralentir. L’image est des plus parlantes. La science nous dit en effet que le dérèglement climatique actuel ne peut « s’arrêter sur un dix sous ». Comme ce camion, il nous faudra freiner et rétrograder assez tôt pour éviter la catastrophe. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a mis de l’avant le fait que si nous voulons que l’augmentation de la température terrestre reste inférieure à 2 °C, il nous faudra réduire considérablement nos émissions de CO2 à l’échelle mondiale. Le GIEC a ainsi évalué que, d’ici à peine dix ans, il faudra avoir réduit les émissions mondiales de 45 % par rapport aux niveaux de 2010.

Pourquoi les réduire si fortement et si vite? Et sur quelles données scientifiques s’appuie cette exhortation?

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La science nous dit que la température globale moyenne dépendra directement de la concentration de CO2 qui sera atteinte dans l’atmosphère une fois que cette dernière se sera stabilisée. Or, son taux de concentration est désormais presque 50 % plus élevé qu’il ne l’était au début de la période préindustrielle, vers le milieu du 18e siècle, comme le montre la figure ci-dessus. Ce taux de concentration dépend, entre autres choses, de nos émissions; et malgré la crise financière de 2008 et la récession globale qui en a découlé, le rythme des émissions annuelles de CO2 entre 2000 et 2018 s’est encore accrue de 45 %. 

On pourrait croire qu’il suffirait de commencer à réduire nos émissions annuelles pour que s’amorce le renversement des dérèglements climatiques observés depuis des décennies.

Malheureusement, par analogie avec ce camion lourd possédant une inertie considérable, il ne suffira pas de simplement commencer à lever le pied du gaz (réduire nos émissions) pour ralentir le réchauffement. Cette inertie fait qu’il y aura un délai important entre le moment précis où nous commencerons à réduire de façon soutenue, année après année, nos émissions de CO2 et le moment où sa concentration atmosphérique cessera vraiment de croître et d’aggraver les perturbations climatiques. Expliquons ce paradoxe apparent.

L’éditorial de Philippe Poitras

Une des causes de ce décalage temporel, c’est le rythme d’absorption annuelle du CO2 atmosphérique par les puits de carbone naturels (associés à la croissance de la végétation, à la dissolution du CO2 dans les océans), qui est bien inférieur à celui des émissions. Les scientifiques estiment que seule la moitié des émissions annuelles actuelles est retirée de l’atmosphère grâce à ces puits de carbone. Année après année, l’autre moitié demeure dans l’air et s’ajoute aux excédents émis les années précédentes. Évidemment, sans ces capteurs naturels, la teneur atmosphérique en CO2 augmenterait encore plus rapidement.

Le bilan des émissions et des retraits est tel que même si le rythme des retraits naturels allant dans les puits de carbone ne diminuait pas, il faudrait tout de même réduire nos émissions globales de plus de la moitié (et ainsi les rendre inférieures aux taux de retraits naturels) pour que les concentrations de CO2 commencent à décroitre. Pour éviter des dérèglements climatiques encore plus dommageables pour nos jeunes enfants qui auront atteint l’âge adulte à l’horizon 2040, il faut donc réduire nos émissions très rapidement, et de façon considérable.

Des données très fiables révèlent que la concentration moyenne en CO2 atmosphérique s’est accrue de 7 % au cours des dix dernières années seulement. À ce rythme, si nous ne réduisons pas ce taux exponentiel d’augmentation, la concentration en CO2 doublera encore d’ici 100 ans. La pandémie de COVID-19 devrait nous faire comprendre qu’il faut interrompre le plus rapidement possible tout processus exponentiel (la fameuse courbe à aplatir) dès qu’il devient clair que ses effets sont dommageables.

Michel Lapointe, professeur agrégé, Faculté des Sciences, Département de géographie, Université McGill et membre du regroupement Des Universitaires

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