© Alex Indigo via Flickr

Les enfants qui plantaient des arbres

/ 08 juin 2018

La prochaine fois que vous sortirez de chez vous, je vous invite à prendre un moment pour regarder les arbres de votre quartier. Pour la plupart, ils sont là depuis des décennies. Pourtant, nous n’y prêtons que peu d’attention et souvent, c’est lorsqu’ils disparaissent que nous prenons conscience de la place qu’ils occupaient dans notre vie. Le triste épisode de l’agrile du frêne que nous vivons actuellement en est un exemple douloureux.

Réduction des îlots de chaleur, gestion des eaux pluviales, refuge pour la biodiversité, les arbres contribuent grandement à notre qualité de vie. Et pourtant, les organismes et les municipalités doivent redoubler d’efforts pour augmenter leur nombre en milieu urbain. Les arbres en ville n’ont pas la vie facile : manque d’espace pour grandir, blessures infligées par le déneigement ou par les cadenas de vélo… ils doivent envier leurs congénères bien implantés en milieu boisé.

Encore trop souvent, l’arbre est perçu comme un élément du mobilier urbain alors qu’il est un organisme vivant.

Avec le projet De la Racine à la cime, l’équipe de l’écoquartier de Saint-Léonard a trouvé une façon originale et participative de rejoindre les jeunes et de les éveiller aux bienfaits qu’offrent les arbres, tout en les poussant à l’action. Le principe est simple : faire vivre à des élèves du primaire les étapes de croissance d’un arbre, de la semence jusqu’à la plantation.

Récupérant les semences auprès des Amis de la montagne, l’organisme gardien du mont Royal, les jeunes ont pour mission d’en prendre soin pour faire naître un « bébé arbre ». Durant plusieurs semaines, ils veillent au bon développement de l’arbre en devenir. Ces arbres grandissants sont bien sûr trop petits pour être plantés dans leur cour d’école. Ils sont alors confiés à la « pouponnière » de la SOVERDI, organisme qui avec des dizaines de partenaires œuvre chaque jour à verdir Montréal, afin de poursuivre leur croissance avant d’être plantés sur les terrains d’organismes et d’établissements.

Et le projet ne s’arrête pas là. L’écoquartier accompagne ensuite les écoles dans la plantation d’arbres sur leur terrain. Au cours des deux années du projet, 51 arbres ont ainsi été ajoutés dans les cours de 10 écoles*, apportant un peu de fraîcheur dans ces espaces souvent très asphaltés. L’arrondissement de Saint-Léonard en a, quant à lui, adopté 74, qu’il a plantés dans le parc Giuseppe-Garibaldi.

Les interventions sont aussi l’occasion de sensibiliser les jeunes. L’écoquartier profite de sa présence dans les écoles pour offrir une série d’ateliers sur des sujets aussi divers que les bienfaits des arbres, les gestes à faire et à ne pas faire pour la bonne santé de l’arbre. Ils sont aussi initiés à la reconnaissance des espèces par l’utilisation d’outils d’identification.

À Saint-Léonard seulement, ils sont plus de 200 à avoir pris conscience de la fragilité de l’arbre et des soins nécessaires à sa croissance. Autant de nouveaux gardiens des arbres et d’ambassadeurs du verdissement qui nous aident dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains.

* Les écoles participantes : Alphonse-Pesant, Dante, Gabrielle-Roy, Général-Vanier, Honoré-Mercier, La Dauversière, Lambert-Closse, Pie-XII, Victor-Lavigne et Wilfrid-Bastien.

Les enfants qui plantaient des arbres 3min.