Les visages de l’Arctique en changement

/ 21 décembre 2017
Du 11 au 15 décembre, des chercheurs du monde entier oeuvrant dans l’Arctique et des habitants des Nords du Canada se sont réunis à Québec pour la conférence internationale  Arctic Change, organisée par ArcticNet.

ArcticNet, c’est un réseau de centre d’excellence canadien qui, depuis 2004 a pour but d’étudier les impacts des changements climatiques et de la modernisation dans l’Arctique canadien côtier. En gros, c’est un énorme budget pour supporter la recherche sur ces thématiques. Ces fonds ont financé une pléthore de projets de recherche et de vulgarisation scientifique TRÈS diversifiés dans le Nord du Canada (entre autre ma maîtrise, GROS MERCI.)

Pendant la conférence Arctic Change, si la majeure partie des participants était Allochtone, une proportion grandissante de délégués étaient autochtones.

Une tendance importante à noter: la recherche dans le Nord, et en milieu autochtone en général, a longtemps été une recherche “sur le Nord ou sur les Autochtones” et cette façon de faire n’est plus tolérée par les communautés. Des recherches “avec le Nord”, axées sur les besoins et les enjeux des habitants du Nord, c’est ce qui est désiré.

Vous allez me dire : mais quels sont ces besoins et enjeux, Émilie? J’ai posé la question à cinq personnalités autochtones, présentes à Arctic Change.

 

En tant qu’Inuit, nous nous adaptons depuis des milliers d’années. Selon moi, c’est le monde qui doit s’adapter. Nous devons faire la transitions vers les énergies renouvelables. 

Adamie Delisle Alaku. Vice-président exécutif au développement des ressources chez Makivik Corporation. Kuujjuaq, Nunavik

 

Durant ma vie, j’ai vu l’apparition des véhicules motorisés dans les villages et c’est une réelle source de pollution. Il serait bien qu’on importe les technologies de transport durable chez nous aussi.

Charlie Arngak. Membre de la commission de la qualité de l’environnement Kativik. Kangiqsujjuaq, Nunavik

 

L’enjeu principal est la difficulté d’accès au territoire à mesure que celui-ci se transforme : plus de buissons l’été, météo imprévisible et glace instable l’hiver. On doit trouver des moyens d’atteindre les territoire de chasse et pêche, être créatif

Hilda Snowball. Mairesse du village de Kangiqsualujjuaq. Kangiqsualujjuaq, Nunavik

 

L’intervention et l’écoute des aînés autochtones sont des points essentiels à la compréhension des perturbations. J’aimerais, à l’aide de mon bagage de biologiste et de mon identité autochtone, intégrer la vision des premières nations à celle des scientifiques.

Éliane Grant. Finissante au baccalauréat en sciences biologiques à l’Université de Montréal. Nation Cri

Au Nunavut, Hannah et Daniel mettent sur pied une plate-forme web de suivi des bateaux qui transitent sur les étendues d’eau arctiques. Les Inuit de partout au Canada pourront garder un oeil sur leurs eaux: 

On doit engager des Inuit pour être observateurs des mers Arctiques! 

Daniel Taukie. Inuit Marine Monitoring Program Coordinator. Nunavut Tunngavik / Hannah Uniuqsaraq. Director of the policy and planning division. Nunavut Tunngavik

Chez les Inuit du Nunavik, on dit “Taima” pour clôre un sujet ou une discussion. Et quand c’est fini, c’est fini. D’ailleurs, ils rient bien de nous avec notre habitude de continuer à jaser sur le bord de la porte d’entrée avec nos manteaux sur le dos à la fin des soirées.

Alors, sans plus de cérémonie:

Joyeuses Fêtes et taima.

Les visages de l’Arctique en changement 3min.