Économie circulaire, urgence climatique, mots de l'urgence climatique,
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© Marie Leviel
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L’économie circulaire

18 février 2022 - Des Universitaires, Regroupement de chercheuses et chercheurs universitaires du Québec

Cela fait des années que nous évoluons dans une économie dite « linéaire », qui consiste à extraire de nouvelles ressources pour produire des biens, les distribuer, les consommer, puis les jeter.

Toutefois, depuis les années 1970, des chercheurs tirent la sonnette d’alarme sur les limites de ce modèle, qui contribue notamment à l’épuisement des ressources, à l’accroissement de la pollution et à l’affaiblissement de la santé et du bien-être humains. Le rapport The Limits to Growth, publié en 1972 par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), a amplement traité du sujet. Il a été suivi par d’autres écrits, dont Factor Four : Doubling Wealth, Halving Resource Use – A Report to the Club of Rome de Weizsacker, Lovins et Lovins (1998) et les nombreux rapports de la Fondation Ellen MacArthur. En opposition à la linéarité, ces travaux misent sur la circularité, laquelle se résume ainsi : d’une part, réduire la demande de ressources et, d’autre part, optimiser l’utilisation des ressources qui existent déjà. L’économie circulaire s’articule donc autour de deux idées fondamentales :

  1. Repenser les modes de production et de consommation existants afin de diminuer la consommation de ressources et, ainsi, protéger la biosphère (humains, plantes, animaux)
  2. Optimiser l’utilisation des ressources (énergie, matériaux, produits) existantes en prolongeant leur durée de vie ou en les réutilisant utilement afin de repenser les modes de production et de consommation existants

Les leviers d’action propres à chaque axe sont nombreux et bien documentés. En 2018, l’Institut EDDEC, en collaboration avec RECYC-QUÉBEC, a établi que la reconfiguration des modes de production et de consommation (Idée 1) nécessite d’accorder plus d’importance à :

  • l’écoconception;
  • la consommation et l’approvisionnement responsables, c’est-à-dire qui minimisent les impacts néfastes tant sur l’environnement que la société;
  • l’optimisation des opérations.

Les leviers de l’optimisation de l’utilisation des ressources (Idée 2) sont plus variés et consistent essentiellement à :

  • donner une nouvelle vie aux ressources par l’écologie industrielle, le recyclage, le compostage et la valorisation;
  • prolonger la durée de vie des produits et des composants par l’entretien, la réparation, le don, la revente, le troc, le reconditionnement et par l’économie de fonctionnalité (systèmes d’accès aux ressources par location, prêt, abonnement);
  • utiliser les produits plus fréquemment par l’économie collaborative (mettre des ressources à la disposition de plusieurs personnes par l’entremise de plateformes numériques ou d’autres moyens de distribution) et la location à court terme.

Ces solutions, bien qu’elles soient diversifiées, nécessiteront encore de nombreux efforts de recherche et développement avant que l’économie circulaire devienne une réalité. C’est pour cette raison que le Québec a récemment mis sur pied un réseau stratégique de recherche pour se pencher sur le sujet. Il s’agit du Réseau québécois de recherche en économie circulaire (RQREC). Il aura notamment pour objectif d’apporter des solutions dans des domaines jugés critiques pour l’implantation de l’économie circulaire, dont le changement et la transition, l’optimisation de la planification, la maximisation des ressources et des produits, ainsi que les leviers politiques.

On favorise ainsi l’économie, la consommation et la création d’emplois hautement qualifiés sur le plan local. Myriam Ertz, professeure agrégée à l’Université du Québec à Chicoutimi et membre du regroupement Des Universitaires

Au-delà de ses avantages du point de vue climatique, le modèle de l’économie circulaire devrait permettre de créer de la richesse tout en revalorisant les matières existantes et en les maintenant au Québec. On favorise ainsi l’économie, la consommation et la création d’emplois hautement qualifiés sur le plan local. De plus, l’économie circulaire pousse inévitablement à la recherche de solutions créatives pour la conservation des ressources, ce qui en fait une source d’innovation. D’ailleurs, l’utilisation des technologies de pointe, ce qu’on nomme communément « l’industrie 4.0 », renferme un potentiel d’innovation considérable. Parallèlement, ce développement technologique permet la création de nouveaux modèles d’affaires, ainsi que l’élaboration de produits, de processus de production et de distribution moins gourmands en ressources et générant moins d’impacts négatifs sur l’environnement et la société. Enfin, par son intention manifeste de contribuer à une triple reddition de comptes (Triple Bottom Line) dans l’économique, le social et l’environnemental, l’économie circulaire est une solution plus durable et se rattache par conséquent plus largement au concept de développement durable.

 

Myriam Ertz est professeure agrégée et directrice du LaboNFC au Département des sciences économiques et administratives de l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle est aussi membre du regroupement Des Universitaires.