Adaptation aux changements climatiques, adaptation, milieu de vie, aléa climatique, érosion, gaz à effet de serre, îlot de chaleur, inondation, urbanisme, infrastructure, verdissement,
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©Marie Leviel
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L’adaptation aux changements climatiques

Les changements climatiques ont des répercussions concrètes sur les territoires et sur nos milieux de vie. L’adaptation à ces changements vise à organiser la réponse aux impacts qui sont déjà ressentis et qui s’accéléreront dans les prochaines années. Le terme « adaptation » décrit un processus entrepris par des citoyens et citoyennes, des communautés ou des organisations pour transformer ou ajuster leurs pratiques, normes et décisions afin de réduire les vulnérabilités d’un milieu et d’améliorer sa capacité à faire face aux changements en cours et à venir. L’adaptation implique ainsi de nouvelles manières d’aménager et d’occuper les territoires, d’utiliser les ressources, de pratiquer l’agriculture, la villégiature, etc., en plus des innovations dans les infrastructures et les technologies. L’adaptation inclut aussi les pratiques et les équipements collectifs destinés à soutenir les personnes plus vulnérables aux aléas climatiques.

Le terme « aléa climatique » désigne tout impact des changements climatiques auquel on cherche à s’adapter. Ces impacts varient selon les régions et agissent différemment sur divers secteurs d’activité. Par exemple, l’érosion accrue affectera les îles de la Madeleine et les zones côtières, alors que les vagues de chaleur toucheront surtout les villes. Les changements de température et la diminution des chutes de neige auront des conséquences sur certaines activités récréotouristiques comme le ski et le patin, alors que les changements de température des eaux perturberont les écosystèmes aquatiques et les pêcheries. Les aléas climatiques désignent également les événements météorologiques extrêmes comme les tempêtes destructrices ainsi que les tendances lourdes telles que l’augmentation des journées de chaleur intense et des sécheresses estivales, la montée des eaux et l’accroissement des pluies abondantes. 

L’adaptation aux changements climatiques implique des transformations profondes, autant pour des enjeux de bien-être, de sécurité publique que de préservation de la biodiversité.
Sophie L. Van Neste

Décrite ainsi, l’adaptation apparaît comme une nécessité due à des chocs externes. Or, cette vision de l’adaptation comme extérieure à la société est erronée pour deux raisons. D’une part, nos sociétés continuent à émettre des gaz à effet de serre, ce qui augmente l’intensité des changements climatiques futurs, et produit les risques et aléas auxquels il faut s’adapter. D’autre part, nos modes de développement et d’aménagement des territoires ainsi que nos infrastructures nous rendent plus vulnérables aux changements climatiques. Par exemple, l’étendue des surfaces minérales et bétonnées dans les villes, avec leurs grands boulevards et leurs vastes stationnements, rend les individus plus vulnérables aux canicules à cause du phénomène des îlots de chaleur. Ces surfaces bétonnées nous rendent également plus vulnérables aux inondations dans les villes lors de fortes précipitations. 

L’adaptation aux changements climatiques présente aussi des enjeux sociaux, car les conditions de vie et les inégalités sociales et économiques sont des facteurs déterminants du degré de vulnérabilité aux aléas climatiques. Par exemple, une canicule affectera plus ou moins les personnes selon leur âge, leur sexe, leur état de santé, leur logement, leur environnement social et communautaire et l’aménagement de leur quartier (présence ou non de parcs ombragés, de lieux publics frais où se réfugier, etc.). Les individus, les municipalités, les régions et même les pays sont aussi inégalement équipés en ressources (financières et autres) pour faire face aux aléas climatiques, par exemple lors d’inondations.

L’adaptation aux changements climatiques implique des transformations profondes, autant pour des enjeux de bien-être, de sécurité publique que de préservation de la biodiversité. Il faut des espaces naturels, non bâtis pour recueillir les débordements des cours d’eau, les pluies abondantes qui inondent les rues et les sous-sols, ainsi que pour rafraîchir la température. Les espèces végétales et animales ont également besoin de milieux naturels, car les changements de température les poussent vers de nouveaux habitats. Face à l’augmentation des vagues de chaleur et des événements extrêmes, il faut aussi garantir des conditions de logement décentes à toutes et tous ainsi qu’un accès abordable aux quartiers où il fait bon vivre.

L’adaptation aux changements climatiques nous permet donc d’agir sur des enjeux qui sont déjà importants pour les collectivités. Les villes mettent de plus en plus de l’avant des mesures dites « sans regrets », c’est-à-dire qui vont améliorer l’adaptabilité des territoires aux changements climatiques tout en répondant à d’autres besoins, par exemple en verdissement, en rues agréables pour marcher, en espaces publics conviviaux et en quartiers dynamiques. 

L’adaptation aux changements climatiques consiste donc à transformer nos sociétés et nos milieux de vie pour qu’ils puissent faire face aux changements climatiques, pour qu’ils deviennent « résilients ». Si elle nécessite l’apport de plusieurs domaines scientifiques, elle repose aussi sur des décisions politiques.

Sophie L. Van Neste est professeure et chercheuse en études urbaines à l’INRS. Elle est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en action climatique urbaine et membre du regroupement Des Universitaires.

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