Dossier spécial : L'école dit stop au réchauffement climatique , partie 3
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@ courtoisie.
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Retombées positives générales

Projet Carboneutre à l’école: le devoir de Nicolas Busque

27 août 2021 - Amélie Cournoyer, Journaliste inspiratrice

Rendre l’école secondaire de l’Odyssée carboneutre, voilà l’idée mise en œuvre et portée par l’enseignant Nicolas Busque. Treize ans plus tard, si l’objectif ultime n’est pas encore atteint, les résultats sont là : plus de 5 000 arbres plantés, 1 000 élèves impliqués et la réduction de 45 000 kg de gaz à effet de serre (GES).

Pandémie oblige, c’est par vidéoconférence que nous avons discuté avec Nicolas Busque. C’est un enseignant en sciences passionné d’environnement qui se présente à l’écran, barbe et cheveux mi-longs en bataille, lunettes à monture carrée. Cet homme de terrain qui n’a pas une minute à perdre semble nous faire une fleur en nous accordant cette entrevue. « Généralement, demande-moi pas d’aller à un meeting. Viens pelleter avec moi et barouetter de la terre et, pendant ce temps-là, on va se jaser des vraies affaires », dit-il. Et les vraies affaires, elles se passent vraisemblablement à l’Odyssée, une petite école secondaire de près de 300 élèves située à Valcourt, à mi-chemin entre Sherbrooke et Granby, dans les Cantons-de-l’Est.

Après avoir roulé sa bosse un peu partout au pays, Nicolas Busque a décidé de suivre les traces de son père, Laurier, lui-même enseignant en sciences à cette école. Les deux hommes aiment échanger sur l’environnement, un sujet qui les passionne. Leur projet Carboneutre a d’ailleurs germé lors d’une banale discussion, dans laquelle ils ont émis l’idée de planter 1 000 chênes rouges avec les élèves. C’était il y a 13 ans.

Au départ, l’enseignant raconte ne pas avoir eu trop de difficulté à faire participer les élèves, contents de passer leur période au grand air! Cependant, les premiers essais en ont refroidi quelques-uns. Des 1 000 glands plantés la première année, seulement 100 arbres ont poussé. « Les élèves étaient découragés », se souvient-il. Mais ce n’était que le début pour ce duo père-fils. Après avoir calculé le bilan carbone de l’école – entre 150 et 160 tonnes de GES par année –, ils ont vite compris que la plantation d’arbres n’allait pas suffire à la rendre carboneutre.

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Nicolas Busque, professeur à l'école secondaire de l'Odyssée. @ courtoisie.

Que signifie le terme carboneutre?

Le dioxyde de carbone (CO₂) est une des principales sources de gaz à effet de serre (GES) et contribue grandement au réchauffement climatique. Être carboneutre implique la réduction et la compensation de ces émissions afin d’atteindre un bilan de zéro GES d’origine humaine.

De la compensation à la réduction

Ainsi naît le projet Carboneutre, aujourd’hui inscrit dans le parcours scolaire des élèves de l’Odyssée. Au départ, l’équipe est restreinte : Nicolas, son père, une enseignante et une technicienne en travaux pratiques œuvrent sur le projet. Aujourd’hui, la petite équipe compte sur l’apport de sept enseignants de l’école en moyenne par année. Les premières années, la mise sur pied de chaque nouvelle activité est difficile, parce qu’il faut trouver du financement et des partenaires au sein de la communauté. La réalisation des nombreuses activités en lien avec le projet Carboneutre implique en effet souvent la contribution des parents, des élus municipaux ainsi que des entreprises et des organisations de la région. « Ce n’était pas facile de trouver du financement et des partenaires au début. Ce n’était pas assez d’avoir de bonnes idées pour que les gens embarquent. Il fallait faire nos preuves », explique l’enseignant.

Ces défis n’ont pas empêché son équipe de multiplier les activités et les projets afin de réduire les émissions de GES à la source. C’est ainsi qu’un comité environnement composé d’élèves a pris place dans l’écosystème du projet Carboneutre; que des bacs de compostage ont été installés; que trois journées zéro électricité ont lieu à l’école chaque année; que deux colloques axés sur la formation en éducation environnementale ont été organisés; puis qu’un chauffe-air solaire pour préchauffer l’air du gymnase a été installé… entre autres choses!

Certains ados comprennent mal la raison pour laquelle s’investir dans un projet dont ils ne verront pas les résultats durant leur parcours au secondaire. Je leur explique que c’est un legs qu’ils font à l’Odyssée et à leur région.
Nicolas Busque

« En 10 ans, il y a des choses qui ont bien fonctionné et d’autres avec lesquelles on s’est plantés d’aplomb. Il fallait faire part de ces informations-là aux autres élèves et aussi les autres écoles qui s’intéressaient aux mêmes types de projets. » C’est pour cette raison que Nicolas Busque a créé un site Web consacré au projet Carboneutre. On y trouve notamment des vidéos explicatives (sur le calcul, la réduction et la compensation des GES entre autres) ainsi que du matériel pédagogique à l’intention des écoles et des enseignants. L’objectif du site est de donner des outils pour inciter d’autres écoles à emboîter le pas.

L’œuvre du temps

Maintenant que le projet Carboneutre a fait ses preuves et qu’il est bien implanté, le principal défi de l’équipe de Nicolas est de conserver le momentum et l’intérêt. Chaque année, il y a toujours de nouveaux élèves à qui l’enseignant propose de se joindre au projet. « Certains ados comprennent mal la raison pour laquelle s’investir dans un projet dont ils ne verront pas les résultats durant leur parcours au secondaire. Je leur explique que c’est un legs qu’ils font à l’Odyssée et à leur région », explique-t-il.

Parmi les retombées du projet Carboneutre : la prise de parole de ses élèves au sujet des questions climatiques, un fait à propos duquel l’enseignant avoue ressentir une certaine fierté. Il a avant tout amorcé la discussion avec eux, prônant une obligation morale de le faire. « Ce sont eux demain qui vont voter. Je veux les préparer à se positionner en pensant à leur impact sur la planète », explique l’enseignant tout en gesticulant, stylo rouge de correction à la main. Il les encourage donc à se présenter aux séances du conseil municipal pour poser des questions sur les actions climatiques de la Ville par exemple. « Leur faire comprendre qu’ils ont le pouvoir de changer les choses, c’est un beau cadeau qu’on leur donne », conclut-il.

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