© Mathilde Corbeil
Dossier spécial : Les promesses de l'air , partie 1

Plus d’avions, moins de GES

D’ici 2036, le nombre de voyageurs se déplaçant en avion doublera pour atteindre 7,8 milliards de passagers par année, selon l’Association du transport aérien international. Alors qu’elle génère plus de 2 % des émissions globales de CO2, l’industrie de l’aviation explore de nouvelles pistes afin de minimiser son empreinte carbone.

Économie / 17 mai 2018
Moins de GES !

Nouvelles techniques de pilotage, variation des routes aériennes, aéronefs moins gourmands en carburant : depuis 2016, à l’initiative de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’industrie du transport aérien met de l’avant une série de mesures afin de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).

Elle en a bien besoin : d’ici 2050, l’industrie de l’aviation s’est donné comme objectif de réduire ses émissions de CO2 de 50 % par rapport aux niveaux enregistrés en 2005, et ce, en dépit du fait que le nombre de passagers aériens doublera d’ici 2036 pour atteindre 7,8 milliards de voyageurs, selon les projections de l’Association du transport aérien international (IATA). Comment y parviendra-t-elle ?

L’enjeu pour les transporteurs est d’améliorer constamment leurs pratiques en mettant en place des stratégies afin de réduire leurs coûts d’exploitation, leur consommation de carburant et leurs émissions de GES, selon le Service des communications du concepteur québécois de simulateurs de vols CAE.

Changer les routes du ciel

Deux mesures sont particulièrement efficaces pour réduire les émissions de GES des aéronefs, soutient Ron Singer, responsable des relations avec les médias pour Nav Canada, l’organisme qui exploite le système de navigation civile au Canada.

Des contrôleurs de la circulation aérienne en opération à l'aéroport de Calgary. ©Nav Canada

D’abord, la réduction de l’espacement entre les avions d’un degré à un demi-degré de latitude au-dessus de l’Atlantique Nord permet à davantage d’avions de bénéficier du courant-jet (ou vent arrière), ce qui limite leur consommation de carburant. D’ailleurs, la circulation sur les routes polaires a été multipliée par cinq entre 2003 et 2015, ce qui réduit les temps de vol. Par exemple, la durée d’un trajet New York-Hong Kong a diminué de deux heures en 15 ans, ce qui équivaut à une économie de 16 000 litres de carburant.

Enfin, l’ajout de nouveaux points d’entrée dans l’espace aérien russe en 2015 améliore encore la capacité des avions sur le plan énergétique.

En 2016-2017, Nav Canada a permis aux compagnies aériennes d’économiser 590 millions de litres de kérosène, soit une réduction de 1,5 million de tonnes métriques d’équivalent CO2, selon l’organisme.

Simulateurs à la rescousse

Alors que, dans les années 1980, l’entraînement des pilotes de ligne avait lieu derrière les commandes des gros porteurs en plein ciel, le développement des technologies de simulation de vols a depuis permis de réduire considérablement les émissions de GES.

Un avion de type Boeing 767 consomme approximativement 5 800 litres de kérosène à l’heure et un litre de carburant équivaut à environ 2,6 kg d’équivalent CO2. Ainsi, une seule heure passée dans un simulateur permet d’éviter des émissions d’environ deux tonnes d’équivalent CO2, selon les données de Nav Canada.

Le simulateur de vol de CAE pour les avions de la CSeries de Bombardier. © CAE

Chez CAE, qui figure parmi les leaders mondiaux en formation pour l’aviation civile, tous les vols sur simulateur sont analysés et les mégadonnées sont mises à contribution afin d’augmenter l’efficacité et l’économie d’énergie, indique le Service des communications. La formation effectuée sur les simulateurs de vols civils permet d’éviter le rejet annuel de près de 5 millions de tonnes métriques de CO2 dans l’atmosphère, précise-t-on.

À bord du simulateur de vol du Boeing 737-800 de CAE

L’approche d’Air Canada pour réduire sa consommation de carburant

  • Appliquer la technique « taxi », soit faire rouler l’avion sur le tarmac au moyen d’un seul moteur;
  • Réduire la poussée au décollage;
  • Optimiser l’utilisation des freins de roue à l’atterrissage;
  • Réduire la durée de roulage jusqu’à la piste et régler la climatisation pour économiser de l’énergie.

Ces mesures ont permis d’éviter la consommation de près de 13 800 tonnes de carburant, l’équivalent approximatif de 44 400 tonnes d’équivalent CO2, ce qui correspond à 14 100 voitures en moins circulant sur les routes, selon Air Canada.

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