Clément de Gaulejac
Dossier spécial : Climat de paix

Au purgatoire, les GES

Dans le Vieux-Québec, le Monastère des Augustines peut compter sur les technologies dernier cri pour veiller sur la tranquillité de ses hôtes. Compresseurs à air et géothermie à tous les étages; rien n’est trop beau pour la paix du corps et de l’esprit.

/ 21 août 2017

Situé en plein cœur du Vieux-Québec, le Monastère des Augustines est un joyau du patrimoine bâti et culturel de l’Amérique française. Après avoir abrité une des premières congrégations religieuses au Québec pendant plus de 375 ans, le bâtiment a changé de vocation. C’est maintenant un complexe moderne d’hébergement et de relaxation qui garde un lien très fort avec ses racines. Un bâtiment qui a été rénové selon des techniques de pointe en matière d’économie d’énergie en chauffage et en climatisation.

Avec 33 puits de géothermie creusés à 660 pieds de profondeur dans le roc du cap Diamant, le Monastère des Augustines possède un système de chauffage et de climatisation à faire pâlir d’envie. Une gageure quand on sait que les cinq bâtiments qui abritent des chambres, des salles de réception, des salles d’activités, des cuisines, des salles de maintenance, des archives et un espace muséal ont des besoins en régulation de la température et de l’humidité importants et variés.

Les compresseurs à air sont des pièces maîtresses du système de chauffage du Monastère des Augustines. Pesant respectivement 70 et 50 tonnes, le système principal et le système auxiliaire – au cas où la demande serait trop importante – sont situés près des puits d’alimentation du système à géothermie.

« Les pompes vont envoyer l’air dans les puits de géothermie, qui va faire un échange de température avec le roc, pour ensuite circuler à travers le bâtiment là où c’est nécessaire.

Serge Gagnon, contremaître aux services techniques

 

Exit, les calorifères et les climatiseurs

Et parce que la gestion de ce système de régulation de température impressionnant se doit d’être efficace, elle se fait à partir d’un système informatique tout aussi impressionnant que sophistiqué, géré par l’équipe technique, qui automatise l’ensemble des bornes de contrôle du monastère et donne des informations en temps réel sur ces dernières. Avec des visuels qui rappellent la chaîne de production d’une usine, tous les indicateurs sur le panneau de gestion permettent une utilisation sans gaspillage de l’énergie qui active le système.

Résultat : hiver comme été, le Monastère des Augustines n’utilise pas d’électricité pour sa climatisation et son chauffage. L’électricité utilisée sert à faire fonctionner les pompes qui vont alimenter la ventilation dans le bâtiment pour faire bouger l’air des puits de géothermie vers les différentes pièces ‒ exit les calorifères et les climatiseurs!

En cas de grand froid et de trop grands besoins en matière de chauffage, « le monastère dispose aussi d’une entente avec L’Hôtel-Dieu de Québec, situé non loin, qui [lui] permet de recevoir de la vapeur pour chauffer », explique M. Gagnon. Cette vapeur, précise-t-il, « provient des surplus de L’Hôtel-Dieu ».

Le résultat : un monastère bien chauffé et bien climatisé, à une fraction du prix. Selon le ministère des Ressources naturelles du Québec, une économie d’énergie de 60 % peut être réalisée avec un chauffage géothermique en comparaison avec un chauffage électrique normal. La vapeur fournie gratuitement par l’hôpital voisin permet en outre de réaliser des économies importantes pour des besoins en chauffage tout aussi importants.

Le processus de réfection et de transformation du Monastère des Augustines a été amorcé en 2002 et a pris fin en 2015 avec l’ouverture du centre de villégiature. La firme ABCP architecture et l’architecte responsable du projet, Dany Blackburn, ont accompagné les sœurs dans leur réflexion

L’espace de villégiature a reçu les cinq clés vertes, un prix en matière de tourisme qui tient compte des choix responsables pour l’environnement en ce qui a trait, notamment, à l’entretien ménager, à la nourriture et à la gestion environnementale de l’entreprise. Les choix éclairés en matière de produits d’entretien ménager biodégradables et non polluants contribuent à réduire l’empreinte environnementale de la réfection du monastère.

Au purgatoire, les GES 2min.