Changements climatiques : les ados embarquent

Le Sommet jeunesse sur les changements climatiques, qui avait lieu début mai à Sainte-Foy, a marqué l’élection de 20 nouveaux jeunes « ministres » de l’Environnement tous plus allumés les uns que les autres. Unpointcinq vous présente trois d’entre eux.

Vivre ici Wow / 30 mai 2018
Moins de GES !

Y’avait du monde à messe à l’Hôtel Universel de Sainte-Foy les 4 et 5 mai derniers : de l’Outaouais à la Côte-Nord, les écoles secondaires de 15 régions différentes y avaient dépêché 115 élèves afin de stimuler l’engagement des jeunes Québécois face aux changements climatiques.

Organisé par la Fondation Monique-Fitz-Back – un organisme voué à la promotion de l’éducation au développement durable –, l’événement a permis d’élire 20 nouveaux jeunes ministres de l’Environnement pour la prochaine année. Leur mission ? Sensibiliser les jeunes de leur région respective aux enjeux des changements climatiques et trouver des moyens d’y remédier.

En plus d’élire un nouveau Conseil national des jeunes ministres de l’Environnement, les participants ont assisté à des conférences sur le climat, l’art, l’engagement citoyen, les sciences et les technologies. Tout au long du week-end, ils ont partagé les résultats de leurs projets et moyens d’action respectifs. Un excellent moyen de « cultiver l’espoir et de favoriser l’engagement », comme le soulignait Benoît Mercille, directeur général de la fondation.

Qui sont ces jeunes qui « sortent de leur bulle », pour reprendre le slogan de la campagne de mobilisation orchestrée par la Fondation Monique-Fitz-Back? Voici les portraits inspirants de trois jeunes ministres de l’Environnement, deux sortants, l’autre nouvellement élue.


Camille Richard-Poitras, 15 ans, Valcourt (Estrie)

Élève de troisième secondaire, Camille a embarqué à fond la caisse dans le projet Carboneutre, l’une des nombreuses initiatives mises en place depuis 2012 par l’école l’Odyssée de Valcourt afin de réduire l’impact des changements climatiques.

Devenu un incontournable dans la vie scolaire, ce projet incite les membres de la direction, les enseignants et les élèves « à mesurer, à réduire et à compenser les émissions de gaz à effet de serre » dans leur vie de tous les jours, explique-t-elle. Par exemple, l’école tient des « journées zéro électricité » durant lesquelles toutes les lumières et tous les appareils électroniques sont fermés. « Pour nous, c’est normal », dit-elle.

En tant qu’élève, Camille estime qu’elle a « une responsabilité de participer au projet Carboneutre », qui comprend aussi des activités de compostage et de plantation d’arbres. Depuis sa création, le projet a permis d’éviter l’émission d’environ 7 tonnes de CO2, selon la direction de l’établissement. Camille a aussi été bénévole lors du colloque Carboneutre, qui a eu lieu à l’école Odyssée en avril dernier. Une nouvelle ministre qui promet !


Gérémy Côté, 16 ans, Rimouski (Bas-Saint-Laurent)

Grâce au travail de Gérémy et à celui du comité environnement de l’école secondaire Paul-Hubert de Rimouski, les élèves ont pu faire bouger les choses en ce qui a trait à la gestion des déchets de cette municipalité du Bas-Saint-Laurent.

Avant leur intervention, seuls les citoyens de Rimouski étaient desservis par la collecte des résidus alimentaires compostables. Mais au cours de la dernière année, Gérémy et un membre du personnel de l’école ont convaincu la direction de l’école et le conseil municipal de Rimouski d’inclure l’école Paul-Hubert dans le circuit de collecte. « On a agi comme entremetteurs entre la Ville et la direction de l’école », explique-t-il.

Résultat : la cafétéria a maintenant un bac servant à recueillir les résidus de table qui peuvent aller au compost. Pour Gérémy, c’est important de montrer que c’est possible pour tout le monde de faire pencher la balance. « Juste en triant le contenu de nos cabarets, on a l’occasion de faire une différence [dans la lutte aux changements climatiques] », remarque-t-il. Gérémy et d’autres élèves ont aussi fondé un comité environnement voué notamment à la sensibilisation au compostage. « On a tourné des capsules vidéo pour expliquer à nos compagnons de classe comment fonctionne le compostage à Rimouski », dit-il.

L’an prochain, ce comité aimerait doter toutes les classes d’un bac brun tout en limitant l’utilisation de vaisselle non réutilisable par le traiteur de la cafétéria. Espérons que le nouveau ministre aura suffisamment de temps à l’agenda pour y voir.


Sophie Demaisy, 17 ans, Québec (Capitale-Nationale)

Aux yeux de cette ministre sortante, l’action contre les changements climatiques est une puissante arme contre le cynisme. Selon elle, ces derniers sont responsables d’une foule de problèmes dans le monde et « il y a tellement de gens qui ne s’en préoccupent pas qu’il faut vraiment s’impliquer. »

Au cours de la dernière année, en tant que ministre de l’Environnement de la Capitale-Nationale, cette élève du collège François-de-Laval s’est investie dans l’organisation d’un forum sur les changements climatiques à son école. Pendant une journée, quatre spécialistes ont ainsi expliqué aux élèves comment la science contribue à lutter contre les changements climatiques.

Sophie s’est aussi jointe au conseil de l’environnement de son école, grâce auquel elle a pu s’investir dans un projet de jardin hydroponique. Mises en place en 2017 avec l’aide de l’organisme AgroCité, les infrastructures d’hydroponie de l’école produisent maintenant des laitues, des fines herbes et des herbes pour faire des tisanes. D’autres défis attendent maintenant Sophie, qui a décliné un second mandat ministériel afin de poursuivre des études à l’étranger.

Les jeunes ministres de l’Environnement élus lors du Sommet jeunesse sur les changements climatiques (© Martine Lapointe).
Changements climatiques : les ados embarquent 4min.