5 tactiques pour faire la guerre aux plantes envahissantes

Si on peut éliminer un zombie à l’aide d’une batte de baseball, comment vient-on à bout de ces plantes venues d’ailleurs qui pullulent dans nos jardins? Enfilez vos gants : on part au combat!

Vivre ici / 31 juillet 2019

Les changements climatiques forment un terreau fertile pour certaines espèces exotiques envahissantes. Elles s’enracinent, se multiplient et finissent par régner en maîtres, étouffant littéralement les plantes d’ici. C’est le cas de l’herbe à poux ou de la renouée du Japon, qui prolifèrent sans cesse plus à mesure que les températures augmentent.

Pour attaquer le mal à sa racine, Unpointcinq a dressé un plan de bataille en cinq points avec l’aide d’Annie Lebel, responsable du programme de lutte contre les espèces envahissantes à la Fondation de la faune du Québec.

1. Le savoir, c’est le pouvoir

Dans L’Art de la guerre, Sun Tzu écrivait : « Si vous connaissez vos ennemis (…), mille batailles ne pourront venir à bout de vous. » C’était vrai il y a 2000 ans et ça l’est encore aujourd’hui en matière végétale! Avant de lancer l’offensive, identifiez votre adversaire en consultant la plateforme Sentinelle qui répertorie les espèces envahissantes au Québec

Berce du caucase plantes envahissantes
La berce du Caucase est présente dans la plupart des régions du Québec. © Appaloosa
herbe à poux plantes envahissantes
Au Québec, l’herbe à poux serait responsable de plus de 75 % des allergies au pollen. © MSSS

2. La tondeuse en première ligne

Arracher ou ne pas arracher, telle est la question! Si une plante envahissante passe à l’offensive dans votre jardin, coupez ses tiges au ras du sol plusieurs fois tout au long de l’été afin d’épuiser ses réserves. Mais ne criez pas victoire trop vite, prévient le Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes : la tondeuse doit se faire aller pendant plusieurs années avant de venir à bout de l’ennemi!

3. Chouchouter ses vidanges à la Ti-Mé

Vous avez reconquis le terrain, mais le combat n’est pas encore terminé. Pour vous assurer que la plante ne reparte à l’assaut, vous devez l’empêcher de contaminer les alentours. Ne lésinez donc pas sur les sacs noirs! Les résidus des plantes envahissantes vont à la poubelle, pas avec les déchets verts ni au compost et encore moins dans la nature pour éviter toute contre-attaque.

vidanges à la Ti-Mé plantes envahissantes
Emballé c'est jeté!
Le myriophylle à épi se propage facilement d’un lac ou d’un cours d’eau à un autre. (© BerndH)

4. Lavage anti-zombies

Les zombies ont envahi le Québec! La plante qui ne veut pas mourir, le myriophylle à épi, se propage rapidement dans les lacs et les rend impropres à la baignade et à la navigation. Le meilleur conseil du Comité régional de l’environnement des Laurentides pour éviter l’invasion, c’est d’être propre, ce qui n’est pas très compliqué. Il suffit de nettoyer tout ce qui va sur l’eau : de la planche de SUP au bateau à moteur, en passant par les skis nautiques et le Sea-Doo.

5. Résister aux charmes de l’exotisme

« Les pires mauvaises herbes chez moi sont des plantes que j’ai introduites », plaisante le jardinier paresseux Larry Hodgson. En choisissant des espèces inconnues « juste pour voir », comme la fameuse renouée du Japon, il a lui-même envahi son jardin. Dans le doute, mieux vaut prioriser des espèces indigènes lorsque vous magasinez chez l’horticulteur.

renouée du Japon plantes envahissantes
La «fameuse» renouée du Japon
5 tactiques pour faire la guerre aux plantes envahissantes 2min.