Un petit détour payant contre les GES

Avec son travail de fond sur les pratiques des entreprises de camionnage, le Centre d’innovation en logistique et chaîne d’approvisionnement durable (CILCAD) travaille à réduire la production de gaz à effet de serre (GES) du transport de marchandises.

Vivre ici / 01 mars 2018

Le CILCAD, ce sont 25 professeurs, professionnels de recherche et étudiants de l’Université Laval qui travaillent à accompagner les entreprises désireuses de réduire leur production de GES.

Jacques Renaud, directeur du CILCAD et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, affirme que l’approche du CILCAD permet de réaliser des améliorations à l’aide de la technologie actuelle. «Si d’autres centres de recherche traitent des technologies de transport comme l’écoconduite, nous nous concentrons vraiment sur la logistique et les changements de procédés qui peuvent aider à réduire la production de GES», explique-t-il.

Selon une étude réalisée en 2014 par Transition énergétique Québec (TEQ), le transport de marchandises comptait pour 11 % de la consommation d’énergie au Québec (de l’énergie majoritairement produite par des moteurs à explosion). Selon Environnement Canada, le transport de marchandises a émis 63,2 mégatonnes de CO2 en 2015.

Modifier les horaires de livraison

Pour réduire la production de GES des entreprises de transport de marchandises, dont les activités reposent sur l’utilisation de camions très polluants, le CILCAD axe son intervention sur l’efficacité des déplacements, ce qui lui permet par ailleurs d’économiser de l’argent.

«On conseille par exemple aux entreprises de modifier leurs horaires de livraison pour concorder avec le trafic. Un moteur qui tourne au ralenti, c’est une grosse dépense d’essence pour rien et beaucoup de GES produits pour faire du surplace», rappelle Jacques Renaud.

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Jacques Renaud, directeur du CILCAD et professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval (© Colloque sur la chaîne d'approvisionnement)

Il ajoute que le CILCAD offre des solutions au surpoids des cargaisons. «Dans l’industrie du bois, parfois, on propose aux compagnies de laisser sécher les cargaisons de copeaux de bois. C’est plus compliqué pour la gestion des espaces de stationnement, mais réduire le poids d’une cargaison diminue les besoins d’énergie du moteur et donc sa consommation d’énergie.»

Coordonner les activités

Selon Jacques Renaud, l’accompagnement en logistique offert par le CILCAD pourrait engendrer des économies de 5 à 15 % du carburant consommé, si les conseils prodigués étaient strictement appliqués.

L’idéal pour la suite, selon le directeur du centre spécialisé, serait de rassembler les entreprises de transport pour mieux coordonner leurs activités. «On réaliserait beaucoup d’économies d’énergie en évitant les voyages « à lège » si les entreprises pouvaient mieux se coordonner entre elles, mais on est encore très loin de ça. »

Fondé en 2015, le CILCAD a comme mandat de «stimuler et de soutenir l’innovation en logistique et chaîne d’approvisionnement durable visant la réduction des émissions de GES associées au transport routier et à la manutention de marchandises, à travers des activités de recherche et des projets engageant les parties prenantes sur les plans industriel, gouvernemental et scientifique».

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