Pourquoi viser 1,5 °C ou 2 °C ?

Faut-il limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C ou à 2 °C ? Pourquoi ces deux chiffres coexistent-ils? Comment ont-ils été établis? Ces objectifs sont-ils réalistes? Voici des réponses simples à ces questions essentielles pour comprendre les enjeux de la lutte aux changements climatiques.

Vivre ici / 06 février 2019

Retour en 2015, à la 21e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Les représentants de 195 pays sont rassemblés à Paris pour se fixer un objectif commun afin de lutter contre les changements climatiques. La majorité d’entre eux s’accorde pour limiter le réchauffement global de la planète à 2 °C par rapport aux températures enregistrées avant la révolution industrielle.

Mais les petits États insulaires du Pacifique refusent catégoriquement de signer un tel accord, à moins d’établir l’objectif à une hausse de 1,5 °C. Particulièrement vulnérables aux changements climatiques, ils savent pertinemment qu’un réchauffement de 2 °C signifierait la fin de leurs îles, menacées par la hausse du niveau des océans.

Un jour avant la fin de la rencontre, aucun consensus ne se dégage. À la toute dernière minute, un compromis finit par rallier tout le monde. Les États signataires de l’Accord de Paris s’engagent alors à stabiliser le réchauffement climatique « nettement en dessous » de 2 °C d’ici à 2100 tout en renforçant les efforts pour atteindre la cible de 1,5 °C. 

1,5 °C ou 2 °C?

La différence entre un objectif de 2 °C et de 1,5 °C n’est pas anodine. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dans le premier cas, il faudrait réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % à 70 % d’ici à 2050 et, dans le deuxième cas, de 80 % à 90 %.

Les différents scénarios des climatologues révèlent en effet que les conséquences du réchauffement climatique seront nettement plus prononcées avec une hausse de 2 °C : forte montée du niveau des océans, perte de glace aux pôles, destruction de certains écosystèmes marins et terrestres, risques pour la santé et le bien-être des populations humaines, etc.

C’est possible!

Au rythme actuel, nous atteindrons 1,5 °C d’ici 2050. Est-il donc réaliste d’atteindre l’objectif de la COP21 pour l’année 2100?

Selon le GIEC, nous pouvons y parvenir, à la condition de mettre en œuvre des transitions « rapides et de grande envergure » dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du bâtiment, du transport et de l’urbanisme. Autrement dit, il n’y a plus qu’à passer à l’action!

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