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Montréal : l’île contre les îlots

Un rapide coup d’œil à la carte des îlots de chaleur présents à Montréal suffit pour réaliser que ce ne sont pas les points rouges qui manquent. Mais depuis 2013, un nombre croissant de Montréalais passent à l’action en verdissant leur milieu de vie. Des initiatives qui contribuent à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en améliorant la santé de la population !

Vivre ici / 13 juin 2018
On s'adapte !

En 2013, c’est en discutant avec un voisin que le Verdunois Éric Mathieu a appris l’existence de la campagne Un arbre pour mon quartier, une initiative du Regroupement des éco-quartiers (REQ) et de la Société de verdissement du Montréal métropolitain (SOVERDI) qui permet aux Montréalais d’acheter un arbre pour la modique somme de 25 $ (ou 35 $ pour un arbre fruitier).

« Je lui disais que j’avais envie de planter un arbre dans mon jardin quand il m’a parlé de ce programme, dit-il. Je suis allé acheter un chêne rouge. Je trouve que c’est important pour mon quartier, où beaucoup d’arbres disparaissent. »

Planter des arbres est l’une des meilleures façons – et l’une des plus accessibles – de neutraliser les émissions de CO2 à court terme. D’ailleurs, la Fondation canadienne de l’arbre estime que chaque arbre séquestre entre 200 et 225 kg de carbone sur une période de 80 ans, ce qui représente 2,5 à 2,8 kg par an. Outre la séquestration du carbone, la plantation d’arbres en milieu urbain présente de nombreux bienfaits. « Ils agissent comme climatiseurs, améliorent la qualité de l’air, embellissent le cadre de vie et contribuent à diminuer les problèmes de santé ainsi que l’agressivité et le stress », souligne Gaëlle Haut, chargée de communication et de projets pour le REQ.

Commandez, plantez, respirez !

Le principe d’Un arbre pour mon quartier est ultra simple : dès avril, les Montréalais pouvaient choisir un ou plusieurs arbres dont la taille varie de 1,5 à 2 mètres à maturité parmi les 25 essences proposées, en fonction de leur taille (petit ou grand) et de leurs besoins en ensoleillement. Les réservations pouvaient être effectuées en ligne ou auprès de leur éco-quartier. La distribution des arbres réservés se déroule jusqu’au 15 juin 2018. Le programme s’inscrit dans un effort global d’augmentation du couvert végétal sur l’île de Montréal, dans le cadre du plan d’action Forêt urbaine.

Bien qu’Un arbre pour mon quartier connaisse un joli succès depuis son lancement en 2013, selon Gaëlle Haut, le programme cartonne depuis l’an passé. Voyons les chiffres : 7 260 arbres ont été plantés depuis 2013, dont 2 000 rien qu’en 2017, ce qui représente une augmentation de plus de 25 %. « Et cette année, lors des sept premiers jours de lancement de la campagne, nous avions enregistré 387 arbres vendus. C’est deux fois plus que pour la même période en 2017 », se réjouit-elle.

Selon la chargée de communication, le succès grandissant de cette campagne doit beaucoup à la force du bouche-à-oreille, comme dans le cas d’Éric Mathieu. Bien sûr, il faudra du temps pour que son chêne rouge – qui faisait à peine deux mètres en 2013 et dont la taille a doublé depuis – atteigne son plein potentiel de séquestration de carbone. Mais d’une année à l’autre et d’arbre en arbre, l’accumulation de verdure allégera l’atmosphère tout en contribuant à l’atténuation des soucis de santé. L’objectif de la Ville de Montréal : 300 000 arbres plantés d’ici 2025. Aux pelles, citoyens !

Visualisez les îlots de chaleur à travers la province grâce à la carte interactive de Données Québec.

Crédit photos : Un arbre pour mon quartier

L’arbre, ce professionnel de la santé

Selon un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les arbres de la région métropolitaine de Montréal séquestrent chaque année l’équivalent de l’émission de gaz à effet de serre de 100 320 voitures.

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