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Acclimatées : la charge mentale des GES

Charge mentale, vulnérabilité économique : les femmes sont les plus touchées par les impacts des changements climatiques. Paradoxalement, cela les positionne au cœur de la solution.

Vivre ici / 29 mai 2018
On s'adapte !

En 2004, les ménages étaient responsables de 46 % des émissions totales de gaz à effet de serre au Canada. Et puisque les tâches domestiques et familiales sont encore majoritairement la responsabilité des femmes – selon l’Observatoire de la pauvreté et des inégalités au Québec, dans une famille où l’homme et la femme travaillent à temps plein, la femme s’occupe de 62 % des tâches -, ce sont donc elles qui assument le poids des choix posés en matière de lutte contre les changements climatiques.

Couches lavables, compostage, épicerie en vrac, organisation des menus végétariens, choix de transport pour conduire les enfants, etc. : ce pouvoir d’action est épuisant mentalement.

Jeu de dominos

En plus de la charge mentale, la pauvreté participe également à rendre les femmes plus vulnérables aux changements climatiques. Elles sont en première ligne des impacts des mesures d’austérité, comme des hausses de taxes et de tarifs pour la consommation d’énergie.

Quelques statistiques

Selon l’Observatoire de la pauvreté et des inégalités au Québec :

  • 6 personnes sur 10 travaillant au salaire minimum sont des femmes
  • 33 % des femmes monoparentales sont en situation de pauvreté contre 14 % des hommes qui sont monoparentaux.

Ces deux inégalités socio-économiques expliquent, entre autres, les différences en termes de choix de consommation entre les hommes et les femmes (transport, alimentation, etc.) et, par rebond, le fait que l’empreinte carbone des femmes soit moins élevée que celle des hommes.

Comment permettre aux femmes de conserver ce pouvoir d’action quotidien pour lutter contre les changements climatiques sans exacerber les inégalités déjà existantes? Qu’est-ce que signifie « politiser le care » ?

On en parle avec Annie Rochette, docteure en droit environnemental, Laurie-Gagnon Bouchard du centre de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté de l’UQAM et Céline Hequet, chroniqueuse et doctorante en sociologie à l’Université McGill.

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Série balado : Acclimatées

Les femmes et les hommes ne sont pas égaux face aux changements climatiques. Surprenant? Pas vraiment : à l’international, la question est centrale. Au Québec, sa pertinence n’est discutée que depuis peu, entre autres dans une étude de la docteure Annie Rochette publiée en 2017 par l’UQAM et le Réseau des femmes en environnement.

De la gestion de la vie domestique aux décisions politiques, nous discutons dans cette série de cinq épisodes avec des femmes de la place que doivent prendre les Québécoises dans la lutte aux changements climatiques et des moyens pour y parvenir.

Acclimatées : la charge mentale des GES 24min.