Équivalent carbone
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© Marie Leviel
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Équivalent carbone

02 juin 2022 - Des Universitaires, Regroupement de chercheuses et chercheurs universitaires du Québec

Équivalent carbone

Les termes « équivalent carbone » et « équivalent CO2 » sont des synonymes et réfèrent aux mêmes notions. L’abréviation dans les deux cas est « éq. CO2 », ce qui simplifie l’écriture.

Pourquoi vouloir faire un calcul d’équivalence carbone? Parce que de nombreux gaz ont la capacité de réchauffer la planète, donc d’être des gaz à effet de serre (GES), et que ce concept permet de les comparer. De cette façon, il est possible de faire la somme des émissions produites par une société comme le Québec et de déterminer sa contribution au réchauffement climatique mondial.

Dans son rapport publié en août 2021, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a présenté une liste de plus de 200 espèces gazeuses pouvant réchauffer la planète. Mais il n’y a dans ce groupe que quelques gaz qui, à cause de leur forte présence, jouent un rôle vraiment significatif. Le tableau qui suit énumère les six plus importants.

Tableau équivalence carbone

Ce tableau présente deux paramètres importants. Le premier correspond à la capacité que possède chacun de ces gaz de réchauffer la planète. Les spécialistes l’appellent le « potentiel de réchauffement global » (PRG). Afin d’évaluer le réchauffement total des différents gaz émis, il est nécessaire de se donner une base de référence commune. Comme il n’y a pas de valeur absolue dans ce domaine, on procède par comparaison. Pour faire cela, on attribue arbitrairement la valeur de 1 au PRG du CO2, car c’est le GES le plus abondant et, par conséquent, celui qui a le plus d’impact. À partir de cette base, on évalue le PRG des autres gaz en le comparant à celui du CO2. C’est comme utiliser une balance à plateaux pour mesurer le poids d’un sac de pommes : on place alors le sac sur un plateau et un poids en métal sur l’autre pour comparer.

Mais le PRG dépend aussi du deuxième paramètre : la durée de vie des composés gazeux dans l’atmosphère. En effet, la concentration des gaz a tendance à décroître avec le temps, du fait qu’ils peuvent être absorbés par la végétation ou brisés par l’action du Soleil. C’est pourquoi on évalue la capacité de réchauffement des GES sur différentes périodes de temps (20, 100 ou 500 ans).

Ainsi, la durée de vie du méthane étant bien plus courte que celle du CO2, ce gaz a un PRG de 28 sur 100 ans, mais de 81 sur 20 ans. Son impact est donc très élevé, mais surtout à court terme, car il se dégrade rapidement, en moyenne en 12 ans. Au cours du processus de dégradation, le méthane forme de l’eau (H2O) et du CO2. Comme ce CO2 poursuivra longtemps son action en tant que GES, il faut le prendre en compte pour évaluer l’effet total du méthane sur le réchauffement.

Lire aussi : Empreinte carbone

 

Le calcul de l’équivalent carbone est donc un outil simplifié, mais très utile, car il permet d’identifier les actions prioritaires pour lutter contre le réchauffement climatique

La décroissance du CO2 atmosphérique est très longue et incertaine, car complexe. Une fraction de celui-ci est rapidement absorbée par la végétation et les océans, en une année ou moins. Le reste demeure beaucoup plus longtemps dans l’atmosphère, plusieurs centaines d’années, et sa séquestration dépend de mécanismes très lents.

L’élimination de certains gaz est même encore plus longue. C’est le cas des chlorofluorocarbures (CFC), qu’on utilise dans les réfrigérateurs; comme ils sont très stables chimiquement, ils réchaufferont l’atmosphère pendant une période très longue. C’est l’une des raisons qui a motivé l’interdiction de leur production comme réfrigérants, surtout qu’en plus, ils contribuent à détruire la couche d’ozone.

Mais revenons au méthane, dont les principales sources sont l’industrie pétrochimique, les sites d’enfouissement, l’agriculture et l’élevage, le transport et la distribution du gaz naturel. Si l’on veut connaître l’impact des émissions de méthane sur le réchauffement mondial, il faut multiplier la masse de méthane produite dans une année par son PRG, ce qui donnera la valeur d’équivalent carbone (éq. CO2) du méthane. En procédant ainsi pour tous les GES émis, on obtient l’équivalent total de GES sur une base de CO2, donc l’effet de réchauffement des émissions de la province en millions de tonnes (Mt). En 2020, les émissions totales de GES du Québec ont été de 84,3 Mt éq. CO2.

Le calcul de l’équivalent carbone est donc un outil simplifié, mais très utile, car il permet d’identifier les actions prioritaires pour lutter contre le réchauffement climatique.

 

Bruno Detuncq est un professeur à la retraite de Polytechnique Montréal, spécialiste en combustion et membre du groupe Des Universitaires.

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