La carotte sans le bâton

Chez Chantale Gagnon et Jocelyn Debaque, artichauts, salsifis, panais et betteraves sont cultivés à dos d’équidé. Et ça n’a rien d’un trip de néo-hippies. Ici, technologies et savoir ancestral font bon ménage pour éliminer nuisances sonores et émanations de carbone. On a marché pour vous dans les traces des ânes.

Alimentation / 07 octobre 2017

La traction animale reprend du poil de la bête au Québec. Bénéficiant de l’intérêt grandissant des consommateurs pour les productions biologiques et parfaitement adaptée aux petites exploitations, la technique a fait son grand retour dans les écoles comme l’Institut de technologie agroalimentaire. Un apport non négligeable dans un secteur d’activité largement montré du doigt pour son impact en matière d’émanations de GES : selon l’inventaire canadien des émissions de gaz à effet de serre (1990-2015), en 2015, les machineries agricoles et forestières du Québec ont produit 840 000 tonnes de CO2 éq.

Plus rustiques, moins sujets à la maladie et moins gourmands que les chevaux, les ânes ont remplacé le tracteur à Stratford en Estrie. En toute quiétude. À peine a-t-on posé le pied sur la ferme Au pas de l’âne que, déjà, on remarque le silence, tout juste brisé par le son de la girouette, les rires des woofers de passage… et les braiments bien reconnaissables de Napoléon, Camel et Coka, de leurs petits noms. De véritables stars dans cette exploitation familiale devenue au fil des années une référence en la matière, en plus d’être reconnue pour la bonne humeur de ses propriétaires.

Mais attention aux clichés : cela n’a rien d’un trip de retour à la terre. Quand on laboure, c’est avec du matériel de pointe. Et selon des techniques savamment acquises lors de stages de formation et auprès de cultivateurs français. Une vision holistique et moderne où travail et plaisir vont souvent de pair. À condition, bien sûr, d’aimer les animaux, puisqu’il faut être disponible à longueur d’année, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour les vacances…

 

Journaliste : Aurore Lehmann
Prise de son : Angelica Alberti Dufort et Aurore Lehmann
Montage : Aurore Lehmann

 

La carotte sans le bâton 16min.